la part belle au pouvoir d’achat, pour ne pas fâcher

Le gouvernement prévoit ainsi plus de 9 milliards d’euros de réduction d’impôts pour les Français, notamment via la baisse de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu qu’avait promise le président de la République Emmanuel Macron à l’issue du “grand débat national”.Même s’il est évident que cet effort vise surtout à désamorcer la crise sociale, ces mesures sont les bienvenues pour soutenir la consommation au moment où le rythme de la croissance est en train de fléchir. Rien n’indique toutefois que cela suffise à compenser les vents contraires qui commencent à souffler.

Bruno Le Maire a défendu les choix du gouvernement, assurant que le rétablissement des finances publiques restait la «ligne stratégique» du gouvernement, rappelant que malgré cette stabilisation du déficit structurel, la France était toujours «dans les clous» des règles européennes (qui fixent un maximum de 3% de déficit public),Ainsi, la dépense publique continue inexorablement d’augmenter. Le renoncement le plus spectaculaire sur ce plan concerne la réduction des effectifs de l’Etat. Le gouvernement ne prévoit de supprimer que 47 postes en 2020, laissant ainsi planer le doute d’atteindre son nouvel objectif de 10 500 suppressions d’ici la fin du quinquennat.

Dans ce contexte, l’équation budgétaire a été compliquée à boucler pour l’exécutif, qui a dû infléchir son effort de baisse du déficit et de réduction des dépenses publiques,L’autre difficulté consistera à convaincre que les baisses d’impôts sont pérennes. Echaudés par la stratégie qui a souvent consisté ces dernières années pour l’Etat à donner d’une main pour reprendre de l’autre et troublés par les signaux contradictoires envoyés par le gouvernement en début de quinquennat, les Français restent sceptiques. Ils ne sont que 15 % à croire à une baisse d’impôts l’année prochaine, selon un récent sondage Opinion Way pour Les Echos.

Parmi ces réductions d’impôts figurent la baisse de 5 milliards d’euros d’impôt sur le revenu pour les ménages promise par le président de la République Emmanuel Macron, ainsi que la poursuite de la suppression de la taxe d’habitation, censées soutenir le pouvoir d’achat des Français, une des principales revendications des «gilets jaunes», L’impôt sur les sociétés, mesure phare de la politique de soutien aux entreprises déployée par Emmanuel Macron au début de son quinquennat, va bien baisser, mais moins vite que prévu.

Finalement, l’exécutif ne parvient à sauver les apparences que grâce à un environnement dans lequel les taux d’intérêt restent historiquement bas, ce qui permettra d’alléger la charge de la dette. Le gouvernement a fait le choix de la prudence en prenant garde de ne fâcher personne, mais l’édifice reste très fragile en cas de retournement de la conjoncture,Conséquence: le déficit va bien baisser l’an prochain, après le pic atteint cette année (3,1%), mais il se situera à 2,2% du PIB, contre 2% initialement prévu par le gouvernement,Côté économies, le projet de loi de finances confirme toutefois le quasi gel de la plupart des prestations sociales (allocations familiales, aides personnalisées au logement, etc.) En revanche, après avoir déjà accepté de réindexer sur l’inflation les pensions de retraites de moins de 2000 euros, le gouvernement a dû abandonner in extremis la réduction d’un avantage pour les seniors qui emploient une aide à domicile, face aux protestations jusque dans sa majorité.