Perquisitions à LFI: Jean-Luc Mélenchon s’explique devant la justice

Le président Benoît Descoubes n’a « pas vraiment de questions » à poser au président de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, premier des six prévenus à répondre, jeudi 19 septembre, de rébellion, provocation directe à la rébellion et intimidation envers des magistrats et des dépositaires de l’autorité publique devant le tribunal correctionnel de Bobigny. « La matérialité des faits qui vous sont reprochés est établie. Les images sont là. », Depuis son retour d’Amérique du Sud, Jean-Luc Mélenchon occupe l’espace médiatique pour se défendre. Il dénonce une «instrumentalisation de la justice» à des fins politiques. «Vous pouvez me mettre en prison, me rendre inéligible, je n’ai pas peur! Tout cela n’est pas de la justice tout cela n’est pas de la police. C’est un procès politique», a-t-il martelé lors de sa conférence de presse de rentrée le 12 septembre. L’ancien candidat à l’élection présidentielle compare son sort à celui de Lula, l’ex-président brésilien incarcéré pour corruption, auquel il a rendu visite le 5 septembre dernier. Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon a rédigé en vitesse un livre Et ainsi de suite, pour détailler sa défense.

Les policiers malmenés lors des perquisitions sont défendus par le très médiatique avocat Éric Dupond-Moretti. «Un pion payé par l’État», avait immédiatement réagi le leader de La France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel à manifester devant le tribunal ce jeudi dès 7 h 30. De nombreux militants étaient sur place scandant des slogans, dont: «Résistance!»,On en sait toutes les répliques depuis l’arrivée tonitruante de Jean-Luc Mélenchon au siège de son mouvement. Montée rapide des escaliers. « Allez, enfoncez-moi cette porte ! On va voir si on va m’empêcher d’entrer dans mon local ! » Eructations face au gendarme impavide qui garde l’entrée. « C’est pas de la police que vous êtes en train de faire, Monsieur ! Ne me touchez pas ! [« C’est vous qui me touchez », répond calmement le gendarme] La République, c’est moi ! Poussez-vous de là ! Allez ! On va voir qui va avoir le dernier mot ici ! »

C’est le jour J pour Jean-Luc Mélenchon. Après avoir fait monter la pression ces dernières semaines, annonçant un «procès politique», le chef de file de La France Insoumise est jeudi et vendredi au tribunal de Bobigny. Avec cinq autres membres de LFI, dont les députés Alexis Corbière, Bastien Lachaud et l’eurodéputé Manuel Bompard, ils comparaissent pour «actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation». Ils doivent s’expliquer suite à leur comportement lors des perquisitions houleuses au siège de La France Insoumise le 16 octobre 2018. Ces perquisitions avaient été menées dans le cadre des enquêtes sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés de la France insoumise. Sur le papier, les Insoumis encourent jusqu’à 10 ans de prison, une amende de 150 000 euros et 5 ans d’inéligibilité.