Le grand remplacement auvergnat

Comme le disait si bien Vialatte, l’Auvergne produit des ministres, des fromages et des volcans. C’est une région rêvée, à la douceur presque onirique, qui nous a donné à la fois Giscard et la fourme d’Ambert. Les volcans y sont éteints, mais les caractères souvent éruptifs. Ici, on ne badine pas avec le patrimoine, qui va de Pascal à Michelin, excusez du peu, en passant par l’eau de Volvic et la terrifiante vache Salers. Inutile de dire que, malgré un chômage endémique et une situation un peu enclavée, un tel pays exerce un pouvoir d’attraction irrésistible sur des migrants fuyant leurs pays ravagés. Certains diraient d’ailleurs que le « grand remplacement » est à l’oeuvre au pays de la soupe aux choux… C’est ce que signalaient récemment nos confrères de France Bleu, mais en interrogeant la tendance qui voit de nombreux Européens s’installer en Auvergne. L’afflux de migrants ne vient ni de Syrie, ni d’Afghanistan… mais de Belgique ou d’Allemagne. La radio signale le cas d’un couple qui a décidé de s’implanter dans le Livradois-Forez : « Les deux Belges sont bien intégrés dans leur nouvelle Terre promise, bien plus montagneuse que le plat pays. » Même tendance chez une Allemande installée dans ce ventre de la France qui est un peu le centre du monde, qui déclare : « Même en ville, on a la vue sur les montagnes, les puys… » Chez cette originaire du pays de Goethe et d’Angela Merkel l’intégration semble parfaite : « Les fromages auvergnats sont un peu forts en goût, c’était pas mon truc. Mais la vie a fait que j’ai aimé ce type de fromages. » À mesure que les autochtones s’éteignent doucement ou migrent vers Paris ou les grandes capitales régionales de l’Hexagone, l’avenir démographique de l’Auvergne est assuré…