L’incroyable fortune politique des Saxe-Cobourg !

Ce n’est pas pour rien si l’almanach de l’aristocratie europ?enne est n? ? Gotha et si ce nom est synonyme de « who’s who » de la noblesse ! La lign?e r?gne toujours aujourd’hui sur la Belgique, comme… sur le Royaume-Uni : eh oui, les Windsor sont aussi des Saxe-Cobourg- Gotha ! Mais, par sa Maison m?re, les Wettin, cette famille a aussi r?ussi ? diriger la Bulgarie, le Portugal, la Pologne, le Mexique, le royaume de Saxe et toute une s?rie de duch?s et grands-duch?s allemands, sans compter des colonies, comme le Congo ou les Indes britanniques. Par ses mariages, le clan est apparent? en outre ? la plupart des autres grandes dynasties europ?ennes, ce qui lui a permis de r?gner un peu partout sur la plan?te, que ce soit aux Pays-Bas, au Danemark, en Roumanie, en Gr?ce ou encore au Br?sil.

En 2017, le Carnet mondain nous apprenait que la Famille royale belge avait restaur? l’usage de son nom/titre allemand de Saxe-Cobourg-Gotha. En tant que chef de la Maison royale de Belgique, le roi Philippe a entrepris cette d?marche afin d’attribuer ce titre aux membres autres que les futurs descendants de sa fille Elisabeth, l’h?riti?re du Tr?ne. Ce afin de limiter la « prolif?ration » des porteurs du titre de prince de Belgique.

ALBERT 1ER AVAIT GOMM? SON NOM AU PROFIT DE « DE BELGIQUE »
Mais il a aussi voulu remettre ? l’honneur ce nom de Saxe-Cobourg qui n’?tait plus utilis? en Belgique depuis pr?s de 100 ans sur d?cision de l’arri?re-grand-p?re de Philippe. Le roi Albert Ier a souhait? abandonner son nom de famille en 1921 au profit de celui de « de Belgique » (un patronyme se confondant d’ailleurs avec le titre de « prince de Belgique »). Comme le roi George V du Royaume- Uni l’avait fait en 1917, pour adopter le patronyme de Windsor, du nom du ch?teau royal de la banlieue de Londres. Il s’agissait de gommer les origines allemandes de la famille, l’Allemagne ayant ?t? avec l’empire austro-hongrois ? l’origine de la Premi?re Guerre mondiale. Depuis lors, bien de l’eau a coul? sous les ponts du Rhin, de la Tamise et de la Senne ! L’Europe politique a fini par se construire. Une Europe politique que les Saxe-Cobourg, comme toutes les grandes familles, mais peut-?tre plus encore, avaient d?j? r?alis?e par leurs mariages. En route pour dix si?cles d’histoire en quelques lignes…

Tout commence autour de l’an 1000 ? Wettin, localit? ?rig?e sur un coteau escarp? de la Saale en Saxe-Anhalt. En 1089, les seigneurs du lieu sont margraves (ou marquis) de Misnie (Meissen), l’une des marches frontali?res du Saint-Empire romain germanique destin?es ? prot?ger ce dernier d’?ventuels envahisseurs. Leurs descendants deviennent landgrave de Thuringe en 1263, puis duc de Saxe en 1423 et l’un des sept princes ?lecteurs du Saint-Empire. Tiens, au fait, au passage, on reconna?tra sur le blason des ducs de Saxe un certain lion noir ? langue et griffes rouges sur fond jaune… c’est celui qu’adoptera bien plus tard le Royaume de Belgique ! La famille se divise en deux branches en 1485 ? la mort de Fr?d?ric II. Le fils a?n?, Ernest h?rite de l’?lectorat de Saxe. Il s’agit de la branche dite « ernestine » dont descend la Famille royale belge et dont Michael-Benedikt de Saxe-Weimar- Eisenach (72 ans, sans h?ritier m?le) est l’a?n? de la branche a?n?e et l’actuel chef de toute la Maison de Wettin. Il a rencontr? le roi Philippe en priv? mardi soir.

LES SAXE-COBOURG : EUROP?ENS AVANT L’HEURE
Le fils cadet de Fr?d?ric II, Albert, h?rite du duch? de Saxe. Les descendants de cette branche dite albertine deviendront rois de Saxe, mais aussi rois de Pologne. Ils maintiendront jusqu’en 1918 l’int?grit? de la Saxe, alors que les Ernestiens morcelleront ? plusieurs reprises leurs territoires. C’est ainsi qu’est n?e, en 1826, la bien plus petite Maison de Saxe- Cobourg (d’abord Saafeld, puis Gotha). Et le grand homme en est assur?ment notre roi L?opold Ier. Fils cadet de l’une des branches cadettes de la Dynastie des Wettin, il s’est forg? son propre destin en se mariant d’abord avec Charlotte de Galles, la fille unique de George IV, le roi d’Angleterre, et h?riti?re du Tr?ne… qui d?c?de en couches ? 21 ans. Il accepte ensuite le Tr?ne de Belgique qu’il assure par un mariage avec Louise-Marie, la fille du roi des Fran?ais Louis-Philippe. Ensuite, son avenir personnel ?tabli, L?opold Ier va prendre en mains le destin de tout son clan et, par une habile politique matrimoniale, le lier ? cinq maisons royales : – Il marie sa soeur Victoria ? l’oncle de sa premi?re femme, le duc de Kent. Leur fille Victoria devient la reine d’Angleterre. – Il convainc celle-ci d’?pouser son neveu Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (qui est donc le cousin germain de Victoria). Une union qui donne naissance aux Windsor. – Il concocte l’union d’un autre neveu, Ferdinand avec Marie II, reine du Portugal. Leurs descendants y r?gneront jusqu’en 1910.

– Il marie un dernier neveu, Auguste, avec Cl?mentine d’Orl?ans… sa bellesoeur ! Union qui donne naissance ? la dynastie bulgare, dont le dernier roi, Sim?on (sans royaume depuis 1946), est donc un cousin de notre ancien souverain, Albert II. On le voit, les Saxe-Cobourg ont pu essaimer et accro?tre consid?rablement leur influence en menant une politique europ?enne visionnaire tr?s efficace par l’amour et non, pour une fois, par la guerre. Avouez que ce n’est pas commun…