Comment lutter contre la pollution plastique des océans

Le Manta, navire hauturier français révolutionnaire, capable de collecter les déchets de la surface des mers, répond à un défi écologique majeur.

Nous vivons une catastrophe naturelle à l’échelle planétaire. Plus de 9 millions de tonnes de déchets plastique se déversent dans les mers chaque année et on prévoit, d’ici à 2050, autant de plastique que de poissons dans nos océans. Une mobilisation de toutes les instances est nécessaire pour protéger la biodiversité nécessaire à notre survie !

UN PROJET DE L’ASSOCIATION THE SEACLEANERS
Le Manta sera le premier navire géant hauturier capable de collecter une grande quantité de macrodéchets plastique qui flottent à la surface des océans, avant qu’ils ne se dégradent et polluent tout l’écosystème marin. Etant un navigateur écologiste passionné par la mer, j’ai fondé l’association The SeaCleaners, et conçu ce projet qui vise à lutter en mer contre la pollution océanique, grâce à ce navire à la pointe de l’innovation, capable de collecter et de traiter entre 8.000 et 10.000 tonnes de déchets plastique par an. C’est aussi un programme de prévention qui sensibilise à terre les particuliers et les générations futures pour éveiller les consciences écologiques grâce à des actions locales.

UN CONCENTRÉ DE TECHNOLOGIES INNOVANTES
Le navire concentre dans sa conception les technologies les plus novatrices : il agira ainsi telle une usine flottante de collecte, de compactage et de stockage des déchets via des collecteurs installés entre les coques du navire. Les déchets seront ramenés à bord avant d’être triés manuellement. Ils seront ensuite acheminés vers un tapis roulant afin de mettre de côté les matières plastique recyclables qui seront compactées en balles de 1 mètre cube. Deux grues puissantes sortiront de l’eau les déchets plastique les plus lourds et volumineux, tels les filets de pêche. Finalement, Le Manta pourra stocker 250 tonnes de plastique, qui seront acheminées à terre vers des unités de recyclage. Un système d’émission sonore permettra d’éloigner les cétacés et les poissons afin de protéger la faune marine lors des phases de collecte. Autonome, il bénéficiera d’une manoeuvrabilité optimale qui lui permettra d’intervenir dans les zones les plus fortement polluées, en haute mer aussi bien que le long des côtes, ou encore dans les estuaires des grands fleuves d’où proviendrait l’essentiel de la pollution plastique déversée dans les océans.

UN AMBASSADEUR DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
Pour réduire son empreinte carbone, Le Manta sera équipé, en plus de ses voiles , de 2.000 mètres carrés de panneaux solaires et de deux éoliennes, qui permettront de produire 1 mégawatt d’électricité pour propulser le navire et alimenter l’usine embarquée. Nous avons dissocié deux phases de propulsion. La première est la phase pendant laquelle le bateau collecte les déchets à faible vitesse, trois noeuds environ : il fonctionnera alors avec des moteurs électriques alimentés par les énergies renouvelables. La deuxième phase de propulsion correspond à la livraison des déchets à terre. Dans ce cas, nous utiliserons les quatre grands mâts pour pouvoir rejoindre le port le plus rapidement possible. En complément, une unité de valorisation convertira les plastiques non recyclables en carburant pour optimiser l’autonomie énergétique du navire.

UN LABORATOIRE SCIENTIFIQUEEN OPEN DATA
Grâce aux multiples expéditions, ce projet permettra de géolocaliser, de quantifier et de caractériser les déchets collectés en mer. L’idée, c’est aussi que chaque pays puisse monter son propre projet pour financer des bateaux. Nous sommes là pour développer une technologie, la mettre au point et mettre les plans et les données recueillies en open data. Il ne faut pas que tout le monde perde des millions d’euros pour mettre au point un tel bateau. L’association prévoit de mettre Le Manta en construction en 2021, pour effectuer ses premières missions dès 2023. Il n’est cependant pas encore totalement financé à ce jour ; un quart du budget a été réuni, et l’association cherche de nouveaux mécènes. Notre vision pour la préservation des océans est globale, à long terme et d’envergure planétaire. Elle intègre des perspectives économiques, sociétales, humaines, pédagogiques et scientifiques dans une dynamique solidaire. Nous offrons l’opportunité de participer, techniquement ou financ ièrement , à un projet environnemental d’avenir, un enjeu vital pour les générations futures.