Une femme de lettres qui en écrivit beaucoup

Tout au long de sa vie, la marquise de Sévigné a écrit plus de 1.000 lettres ! Connue de tous pour son courrier intime, elle a surtout échangé avec sa fille Françoise Marguerite, comtesse de Grignan. Très attachée à elle, elle lui raconte au fil de ses missives des secrets, des anecdotes, les moeurs de son temps.

Mère presque abusive, elle vit très mal le départ de sa fille et de son gendre pour le château de Grignan, en Provence. Une séparation qui justifie l’abondante correspondance entre les deux femmes. Des lettres devenues l’une des oeuvres les plus remarquables du XVIIe siècle, Madame de Sévigné posant un regard burlesque sur sa vie et ses contemporains. Personnalité incontournable des salons de l’époque, que ce soit dans les châteaux de province ou dans le quartier parisien du Marais, elle est appréciée dans le grand monde. Peste, moqueuse, allumeuse, cette femme qui a toujours le mot juste aime séduire. Si elle manie la plume avec brio, ce n’est son seul talent. Son physique charmant lui vaut le surnom de « plus belle femme de France ». Irrésistible et brillante ! En 1644, elle épouse le marquis Henri de Sévigné, un vrai charmeur. Séduite par son allure avantageuse, elle l’épouse à Paris, à 2 heures du matin, une heure jugée élégante. À cette heure-là, le diable est couché, dit-on, et il ne risque pas de venir jeter le trouble sur le couple. Deux ans après cette nuit vient au monde la petite Françoise Marguerite. En 1648, deux ans après la naissance de sa fille, elle donne naissance à un garçon, Charles.

Estimant avoir fait son devoir d’épouse, elle impose alors la chasteté à son époux. Craignant de mourir en couches – un fait courant à l’époque – elle ne veut plus prendre de risques, après avoir accompli son devoir en donnant un héritier à Henri de Sévigné. Face à la soudaine froideur de son épouse, le marquis ne tarde pas à se trouver une maîtresse. La courtisane de luxe, Ninon de Lenclos, ne se fait pas prier pour endosser ce rôle. Après Ninon, il en aura d’autres. Trompée, Madame de Sévigné reste l’une des femmesles plus courtisées de France. Nombreux sont ceux qui seraient prêts à l’aider à se venger de son mari volage. Mais elle ne s’abaisse pas à ce jeu.

Si elle avait accepté les premières incartades du marquis, elle vit plus mal la romance de ce dernier avec la jeune Charlotte de Gondran. Elle choisit de fuir Paris pour aller s’installer en Bretagne, dans l’une de leurs propriétés. Charlotte, dite « Lolo », partage sa couche avec plusieurs hommes. Une attitude qui ne plaît pas à Henri de Sévigné. Un matin, ce dernier se bat en duel avec l’un des amants de sa maîtresse. Un combat qu’il perd.

À seulement 25 ans, Madame de Sévigné se retrouve veuve. Un statut qualifié de « délicieux » par certains experts. Débarrassée de la tutelle de son mari, elle va pouvoir vivre comme elle l’entend et gérer sa fortune à sa guise. Une veuve presque joyeuse qui envisage la vie sous un jour nouveau. De retour à Paris, dans son quartier bien-aimé du Marais, la marquise vit un quotidien des plus trépidants, dont on retrouve de nombreuses descriptions dans ses magnifiques lettres.