Un enfant de plus pour le gâteau !

Le 10 juin dernier, le chanteur espagnol faisait les gros titres de la presse internationale et sa tournée mondiale, entreprise pour célébrer ses 50 ans de carrière et qui l’avait conduit au Sportpaleis d’Anvers deux jours auparavant, n’était pas seule en cause. Après plus de deux décennies d’atermoiements, la justice espagnole l’a reconnu comme le « père biologique » d’un Valencien de 43 ans.

À plusieurs reprises, Javier Sanchez- Santos avait tenté d’obtenir du crooner de 75 ans un test ADN mais il avait à chaque fois été débouté. S’en était suivie une rocambolesque histoire de détective privé qui, en 2017, s’était rendu jusqu’à Miami pour y dérober une bouteille d’eau sur le goulot de laquelle Julio Iglesias Jr, en pleine séance de surf, avait laissé des traces de salive. Des traces qui auraient attesté de ce que les deux hommes, qui n’ont que trois ans de différence d’âge, partageaient le même géniteur. C’est cette nouvelle preuve qui, bien qu’au final elle n’ait pas été prise en compte par la justice espagnole, a conduit cette dernière à se pencher une fois encore sur le dossier.

EN JUSTICE, IL FAUT TOUJOURS UN PERDANT
Les juges, qui ont débattu à huis clos, ont fini par conclure que le chanteur était bel et bien le « père biologique » du quadra. Pour trancher, ils se sont appuyés sur une ressemblance physique jugée comme « évidente », sur le fait que l’intéressé avait à trois reprises catégoriquement refusé de se prêter à un test ADN, sans parler d’une somme d’indices « concordants ». Il est apparu en effet qu’en 1975, Julio Iglesias avait eu une aventure d’une semaine avec une danseuse portugaise du nom de Maria Edite Santos. Et ça en dépit du fait qu’à l’époque, il était marié à Isabel Preysler et déjà papa de deux enfants.

Le crooner n’a pas souhaité réagir à ce verdict. À quoi bon quand, en 2018, son fils aîné commentait lors d’une interview télévisée : « Ne me demandez pas combien j’ai de frères, je ne le sais même pas moi-même. » Or, et même si Julio Iglesias père se réserve le droit d’interjeter appel, il semble peu probable que Javier Sanchez Santos puisse être exclu de sa succession. À moins d’une guerre d’héritage comme en connaît le clan Hallyday, il devrait toucher sa part du gâteau sur la fortune de la star, estimée à plus de 300 millions d’euros. Mais non sans avoir, au préalable, partagé avec ses huit demifrères et soeurs.

ON NE PRÊTE QU’AUX RICHES
Même s’il dit détester ce terme, Julio Iglesias aura oeuvré toute sa vie durant à asseoir sa réputation de « latin lover ». Séducteur impénitent, il aurait plus de 3.000 conquêtes à son actif, dont certaines plutôt célèbres, comme Brooke Shields, Diana Ross ou encore Priscilla Presley et Bianca Jagger. Pourtant, on ne lui connaît que deux unions « officielles ». En 1971, il épouse Isabel Preysler avec laquelle il aura trois enfants : une fille, Chabeli, et deux fils, Julio Jr et Enrique. En 2010, il se marie pour la seconde fois avec celle qui, à l’époque, partage sa vie depuis 20 ans déjà, Miranda Rijnsburger. Laquelle lui a donné pas moins de cinq enfants.

Il faut dire que Julio a de qui tenir. Quand son propre géniteur décède en 2005, à l’âge de 91 ans, ce gynécologue réputé est sur le point d’accueillir son deuxième enfant avec une jeune femme de 48 ans sa cadette. Si Julio s’est bien rattrapé avec ses enfants les plus jeunes, il semble avoir été un père plutôt médiocre pour ses trois aînés. Dans une interview accordée à la version espagnole de « People », son fils Enrique – l’autre star de la famille et son seul vrai rival – confiait que lui et son paternel se parlaient « rarement » et se voyaient très peu. Des propos que l’hidalgo n’a jamais démentis, loin de là. En 2017, il reconnaissait ne jamais avoir trouvé le temps de rencontrer la compagne de son cadet, l’ex-tenniswoman Anna Kournikova, qui pourtant partage sa vie depuis 2001.

UN « ACCIDENT MAGIQUE »
Il semble en effet que ces cinquante dernières années, le chanteur ait choisi de les consacrer à sa carrière, rien qu’à sa carrière. Peut-être parce que la musique lui a sauvé la vie, à un moment où il n’en espérait plus rien. Enfant déjà, bien qu’issu d’une illustre famille qui compte un marquis et un diplomate de renom, le jeune Julio ne rêve que de devenir footballeur. Il a 19 ans à peine, et bien qu’il mène parallèlement des études de droit international, il parvient à intégrer l’équipe junior du Real Madrid en tant que gardien de but. Il est promis à un bel avenir mais un an plus tard, en 1962, il est victime d’un grave accident de la route. Il en réchappe par miracle mais il lui faudra plus de deux ans pour parvenir à seulement remarcher. Quant au foot, il n’en est plus question.

Loin d’en éprouver de l’amertume, le septuagénaire évoque cette période de sa vie comme un « accident magique ». En juin dernier, il avouait au quotidien japonais « The Mainichi » qu’il devait sa carrière à un « miracle ». Et de retracer cette épreuve qui lui avait valu « des mois et des mois sans bouger ». Il rapporte comment elle l’a privé de sa force physique mais, dans le même temps, l’a « rendu plus sensible aux autres », plus apte à les « écouter » et à les « regarder dans les yeux ». Il raconte aussi comment l’assistant de son père le prend en pitié et lui offre sa vieille guitare, pour passer le temps : « J’ai appris cinq harmonies à partir d’un livre de musique que j’avais trouvé. Je n’en ai pas appris plus parce que je ne pouvais pas encore bien bouger mes doigts. C’est probablement pour ça que mes premières chansons sont construites sur deux ou trois harmonies, tout au plus. »

CHANTER JUSQU’À 150 ANS
Quelques notes plus tard, le jeune homme se lance et sort en 1969 un premier single intitulé « Yo Canto ». En 1970, il représente l’Espagne au Concours Eurovision et se classe quatrième avec sa chanson « Gwendolyne ». Sans le savoir encore, il vient de donner le coup d’envoi d’une carrière internationale comme très peu d’artistes peuvent se vanter d’en avoir connu. À la clé, pas moins de 80 albums chantés en quatorze langues et qui lui vaudront près de 2.600 disques d’or et de platine. S’il reste à ce jour l’artiste latino à avoir vendu le plus de disques – près de 250 millions de copies tous pays confondus – il aura tout de même écoulé près de douze millions de disques en français.

En 2017, il sortait ce qu’il certifie être son tout dernier album, une galette en portugais baptisée « Dois Corações ». Pourquoi le dernier ? Parce que préparer un album lui prend environ un an et demi et qu’à 75 ans, il estime ne plus avoir autant de temps à perdre en studio. Mais il n’a pas pour autant renoncé à la scène, bien au contraire. Au «Houston Chronicle », il expliquait récemment : « Je continuerai à chanter jusqu’à ce qu’on m’en empêche. Je voudrais chanter jusqu’à 150 ans, chanter jusqu’à mon dernier jour. » Avant de poursuivre : « J’ai mal partout mais c’est logique. En revanche, je n’ai pas mal à l’âme. L’âme nem’a jamais fait souffrir et tant qu’il en sera ainsi, je resterai vivant. »

« MA VIE EST UN MIRACLE »
Quant au secret de sa longévité, il confie : « Je ne bois pas plus de vin que je ne le devrais. Pourtant, j’adore le vin, tous les vins. Je fais deux ou trois heures d’exercices quotidiens. Je nage beaucoup. D’ailleurs, j’aime nager nu. » Et de préciser : « J’ai mon propre avion qui peut rester en vol pendant 15 heures. Parfois, je dors douze heures d’affilée dans mon jet. Je ne vais pas vous le cacher, c’est un très gros avion. Ce sont mes fans qui l’ont payé. C’est ce qui me permet de donner autant de concerts par an. » Une longévité étonnante pour un homme qui ne craint pas d’avouer : « Je n’ai jamais eu un grand talent. J’ai un peu de talent et beaucoup de discipline. » D’où cette conclusion : «Ma vie a été un miracle, un roman en soi. L’histoire d’une personne qui joue au football, qui a un accident et qui meurt presque, avant de devenir plus fort. Je n’étais personne et je ne serais toujours personne si je n’avais pas rencontré mon public. Ce sont les gens qui vous aiment qui font de vous quelqu’un. »