CHRISTINE CLERC LA MÉMORIALISTE DU GÉNÉRAL

Dans son cinquième livre sur de Gaulle, la journaliste dresse l’inventaire des raisons
et des trahisons qui ont poussé l’homme du 18 Juin à claquer la porte au nez des Français.

Christine Clerc a le gaullisme dans le sang. C’est ainsi et cela ne se discute pas. Son enthousiasme pour le connétable de Colombey date de ses débuts à L’Express, en 1969, lorsqu’elle fut chargée par Françoise Giroud de suivre la dernière campagne du Général. Pour autant, elle n’appartient pas à la cohorte de ces élus que l’on qualifiait de godillots parce qu’ils votaient, disait-on, avec leurs pieds. Si son gaullisme a le charme des nostalgies d’antan, il sait être aussi critique qu’un bilan.

Le cinquième livre que Christine Clerc consacre à de Gaulle peut se lire comme la suite de Tout est fichu !, ouvrage dans lequel elle recensait ses nombreux moments de doute et de dépression. Avec Adieu, la France !, elle tient la chronique des douze mois, des débuts de mai 1968 à la fin avril 1969, qui ont vu le premier président de la Ve République jeter l’éponge après avoir réussi à surmonter une crise de société sans équivalent. Sans rien omettre, elle relate les événements, circonstances et arrière-pensées, politiques et psychologiques, qui ont conduit à ce funeste référendum sur la régionalisation. Commentant la décision très gaullienne qui a suivi, restée unique dans les annales de notre vie politique, elle dit : « C’est une tragédie de l’orgueil et de l’ingratitude. Seul de Gaulle pouvait partir sur un geste aussi spectaculaire que dramatique – geste impensable après lui. »

Est-ce la raison pour laquelle ce livre est dédié à Emmanuel Macron ? « C’est parce que je suis convaincue qu’il va souffrir qu’il en est le dédicataire, dit-elle avec malice. Comme son illustre prédécesseur, il va apprendre le sens de ce proverbe du Moyen Age – “Moult a appris qui bien connut ahan” – que cite le général de Gaulle dans ses Mémoires afin d’expliquer les raisons de son départ. » Aujourd’hui, nous savons tous que la politique est un chemin de croix. Mais tout le monde n’est pas en mesure de porter la croix de Lorraine…