LES EAUX DE BAIGNADE

La France a des eaux de bonne qualité Plutôt vrai Selon le rapport « Qualité des eaux de baignade européennes en 2018 », publié par l’Agence européenne pour l’environnement, 78,8 % des sites français ont une eau d’excellente qualité ; 13,8 %, de bonne qualité ; 3,5 %, de qualité suffisante. La proportion des lieux où l’eau est d’excellente qualité se situe sous la moyenne européenne (85,1 %). Ces chiffres sont, toutefois, à mettre en perspective avec le nombre de zones de baignade. La France est le 2e pays en possédant le plus (3 351), après l’Italie (5 539). Tandis que Chypre, où 99,1 % des sites présentent une eau d’excellente qualité, ne compte que 113 zones de baignade. C’est pourquoi la France fait également partie des trois pays comportant le plus grand nombre de sites de baignade de qualité insuffisante (54 sites, soit 1,6 %), avec l’Italie (89 sites, soit 1,6 %) et l’Espagne (50 sites, soit 2,2 %).

On a le droit de se baigner partout Vrai Dès lors qu’il n’y a pas de panneau « baignade interdite », vous pouvez vous baigner, mais à vos risques et périls. Il existe trois statuts pour les lieux de baignade : « interdite », « autorisée, mais pas surveillée », « surveillée » (délimitée par des bouées jaunes). Les zones dangereuses sont signalées par des barrières, et un arrêté municipal ou préfectoral affiché à l’entrée de la plage ou du cours d’eau donne les raisons de l’interdiction. La plupart du temps, c’est l’accès qui est dangereux. En l’absence d’indication, faites preuve de bon sens. « Si la plage la plus proche est fermée pour cause de pollution, ne vous baignez pas dans la crique voisine », conseille Marc Valmassoni. Les Landes constituent un cas particulier, à cause des baïnes, ces courants créés par des bancs de sable sur lesquels la mer vient buter quand elle monte. « Les baïnes se déplacent quotidiennement. Il est dangereux de se baigner hors des zones autorisées, matérialisées par les fanions bleus », avertit Christian Dubois.

Les plages dont l’eau est propre ont toutes le label Pavillon bleu Faux « Ce label est d’abord une action d’éducation au développement durable proposée aux collectivités territoriales et aux ports de plaisance. Il récompense une qualité de gestion environnementale, aussi bien des plages du littoral que des eaux douces. Il est décerné actuellement à 4 560 sites dans 45 pays », explique Thomas Joly. Il s’agit d’une démarche volontaire de la part des collectivités territoriales. Celles qui souhaitent obtenir le label doivent déposer un dossier chaque année. Des auditeurs vérifient le respect des critères – la qualité de l’eau, qui doit être excellente (voir encadré, p. 9), la gestion des déchets, l’environnement, l’information du public… – pendant la saison estivale, et la coordination internationale du Pavillon bleu réalise des contrôles inopinés. De nombreux sites n’ayant jamais candidaté au label ont des eaux de baignade d’excellente qualité.

La qualité de l’eau est surveillée en temps réel Faux La réglementation impose aux collectivités territoriales et aux communes un certain nombre de prélèvements, déterminé avec l’agence régionale de santé (ARS) en fonction de la fréquentation des sites (voir encadré p. 9). « Il y a toujours un décalage, car le résultat des analyses officielles prend 48 heures. Beaucoup de communes ont adopté un système de gestion active avec des procédés qui permettent d’obtenir les résultats des analyses en 3 ou 4 heures », précise Marc Valmassoni. Ces contrôles supplémentaires ne sont pas pris en compte pour le classement des plages. D’autres solutions existent. Le département du Lot, par exemple, a développé une méthode pour connaître quotidiennement la qualité de l’eau des sites de baignade et des cours d’eau. « Nous collectons les données sur nos cours d’eau depuis 1996, ce qui nous a permis d’avoir une connaissance fine du fonctionnement des rivières. La qualité bactériologique est principalement liée à la pluie. Nous pouvons en prévoir les répercussions pendant plusieurs jours en utilisant la pluviométrie sur un large territoire et en estimant la vitesse de propagation de la pollution de l’amont vers l’aval », détaille David Lebreaud. Les informations sont mises à la disposition du public sur le site internet infeauloisirs.fr. On peut également s’inscrire afin de recevoir, chaque jour, un bulletin par mail.

Seul le fanion rouge interdit la baignade Faux Le drapeau rouge hissé sur la plage lorsqu’il est interdit de se baigner est l’un des plus connus, avec celui de couleur orange, avertissant que la baignade est dangereuse (le vert signalant, au contraire, qu’il n’y a pas de danger). Mais « certains territoires utilisent une flamme violette, qui n’est pas officielle, pour informer d’un épisode de pollution de l’eau », indique Marc Valmassoni. La baignade n’est alors évidemment pas autorisée. « Le fanion rouge et blanc à rayures signale un vent de terre, qui souffle de la plage vers le large. Dans ce cas, l’usage de matériel flottant, comme les grosses bouées ou les petits bateaux gonflables, est proscrit », complète Christian Dubois.

Il faut se méfier de la vitesse de la marée montante Vrai Des nageurs se font régulièrement surprendre par la rapidité avec laquelle la mer peut monter. « Il s’écoule environ 6 heures entre la marée basse et la marée haute, mais la mer ne monte pas de façon linéaire. Au début, la progression est très lente, puis elle devient très rapide entre la 3e et la 4e heure. La vitesse dépend de la physionomie de la plage », prévient Christian Dubois. Pour autant, la mer ne monte pas à la vitesse d’un cheval au galop, image employée pour décrire la marée au Mont-Saint-Michel. « Comme la baie du Mont-Saint-Michel est très plate, lors des gros coefficients de marée, ce sont d’énormes masses d’eau qui se déplacent. La mer se retire très loin, les bancs de sable sont plus hauts, ce qui crée des courants quand la mer les embrasse. Les gens perdent alors pied », poursuit Christian Dubois . À Saint-Malo, le passage du Grand Bé, îlot face à la plage, est recouvert en 9 minutes par gros coefficient. Quelle que soit la station balnéaire où vous séjournez, pour éviter de vous faire piéger, renseignez- vous toujours sur la météo et les horaires des marées.