Crédit Agricole Une facture salée pour le fonds de soutien aux banques

Les investisseurs n’ont pas fait de cadeau à Crédit Agricole mercredi. Ils ont sanctionné sans ménagement la publication de résultats globalement inférieurs aux attentes. Malgré une bonne tenue des principaux métiers du groupe, la banque a cédé 2,6 % en Bourse et accusé ainsi ce jour-là l’une des plus fortes baisses du Cac 40. Au premier trimestre, le résultat net de Crédit Agricole SA, le véhicule coté du groupe, a chuté de près de 11 %, à 763 millions d’euros, pour un produit net bancaire (PNB) de 4,85 milliards d’euros, en baisse de 1,1 %, en données publiées.

Malgré un environnement difficile,l’établissement a enregistré de bonnes performances en banque de financement et d’investissement avec un produit net bancaire en hausse de 3,3 %. Crédit Agricole a ainsi mieux résisté que ses principaux concurrents dans les activités de marché, mais la taille de ces métiers reste plus modeste pour la banque mutualiste (environ 25 % du PNB). En banque de détail, les revenus de LCL sont stables (+ 0,3 %) dans un contexte toujours marqué par les taux bas. « En fait, la déception est venue des pôles Gestion d’actifs et Assurances avec un résultat avant impôt sous-jacent en baisse de 1,1 %, à 728 millions d’euros. Ces métiers sont considérés comme les principaux moteurs de croissance du groupe. Le marché s’attendait à de meilleures performances », estime Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon à Paris. Au premier trimestre, les résultats de Crédit Agricole ont surtout été pénalisés par la hausse des charges réglementaires.

La contribution au fonds de résolution unique (FRU) a augmenté de près de 14 %, à 332 millions d’euros, soit 41 millions de plus qu’à la même période de l’an dernier. Ce mécanisme a été créé en 2014 après la crise financière dans le cadre de la mise en place d’une union bancaire dans la zone euro. L’objectif principal du fonds est de constituer des réserves en cas de faillite bancaire et d’éviter un effet domino. Premières contributrices, les banques françaises ont toutefois peu de chances d’en bénéficier un jour.