Les pharmaciens montent en grade

Les organisations représentant les pharmaciens accueillent avec enthousiasme et soulagement le projet de loi 31 devant permettre à ces professionnels d’avoir plus de pouvoirs en matière de vaccination et de prescription de médicaments.

«On épargne ainsi des coûts au système de santé, mais on épargne aussi du temps aux patients.» Thina Nguyen, directrice générale de la FPQ «Il y a plusieurs choses intéressantes dans le projet de loi. C’est une excellente nouvelle pour la population», a expliqué hier à Métro le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OQP), Bertrand Bolduc.

Déposé hier par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, le projet de loi propose diverses modifications législatives qui donnent le droit aux pharmaciens de prescrire et d’administrer des vaccins aux adultes ainsi qu’aux enfants de plus de six ans.

Selon M. Bolduc, le Québec arrive donc «au même niveau que les autres provinces canadiennes», où les pharmaciens ont déjà la capacité de vacciner.

Le projet de loi permettra aussi aux pharmaciens d’ajuster et de prolonger une prescription faite par des dentistes, des optométristes ou des infirmières, ainsi que les médecins à l’extérieur du Québec.

Les pharmaciens pourront également prescrire des médicaments en vente libre.
Selon le vice-président exécutif et directeur général de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Jean Bourcier, cela simplifiera la vie de plusieurs Québécois, notamment les parents d’enfants en centre de la petite enfance (CPE) ainsi que les personnes âgées.

«Les éducatrices et les préposés vont se sentir plus à l’aise d’administrer un médicament, car il va avoir été prescrit par un professionnel de la santé», a-t-il illustré.

La directrice générale de la Fédération des pharmaciens du Québec (FPQ), Thina Nguyen, a jugé que ces nouvelles activités permettront aux pharmaciens, qui sont présentement «sousutilisés», de contribuer à l’amélioration des soins de première ligne.

«Plutôt que d’aller en clinique ou à l’urgence, les patients pourront venir nous voir pour avoir la même chose», a illustré Mme Nguyen.

Du temps et des moyens
Avant que le tout soit mis en place, les organisations s’entendent pour dire qu’il faut donner aux pharmaciens «les moyens de mettre en place le projet».

«C’est un projet de loi qui est relativement simple, mais il y a beaucoup de modalités encore à être mises en place», a laissé savoir Jean Bourcier.

Thina Nguyen a évoqué une rémunération adéquate pour implanter ces nouveaux services, mais aussi que les actes soient couverts par l’assurance maladie et non par une assurance médicament, pour éviter des frais aux patients.