Pas assez froid cet hiver, mais les objectifs réchauffent

Le premier trimestre d’Engie a montré des tendances contrastées, mais l’ensemble a été bien accueilli. Dans une semaine favorable aux valeurs défensives, l’action a regagné 5,3 % en quatre séances. Les résultats partiels présentés par l’énergéticien sont ressortis en baisse mais conformes aux anticipations des analystes. Comme EDF (lire page 17), Engie a été pénalisé « par l’effet de températures hivernales particulièrement clémentes en France » et par l’indisponibilité de réacteurs nucléaires en Belgique. Trois de plus, toutefois, ont repris du service depuis janvier. Une production hydroélectrique en baisse de 25 % cette année (après un début 2018 exceptionnel) et le décalage dans le renouvellement de contrats dans les services à l’énergie ont aussi joué dans le mauvais sens, tout comme la cession de centrales à charbon en Australie et en Thaïlande.

Ces éléments négatifs cumulés, l’Ebitda (excédent brut d’exploitation) s’est contracté de 4,8 %, malgré l’augmentation de 7,2 % du chiffre d’affaires publié. Sans cet hiver très doux en France, l’Ebitda à devises et périmètre constants serait resté stable, au lieu d’un recul de 3,9 %, assure Engie. Certains marchés, comme l’Amérique latine ou la zone Moyen- Orient – Asie – Afrique, ainsi que la mise en service de centrales solaires et éoliennes ont, en effet, permis de contrebalancer les vents contraires.

UN SECOND SEMESTRE MEILLEUR  : Après ce démarrage en demiteinte, les investisseurs ont été rassurés par la perspective de résultats mieux orientés au second semestre (les bases de comparaison, déjà, seront plus favorables) et par le maintien des objectifs annuels. Le bénéfice net récurrent reste attendu entre 2,5 et 2,7 milliards d’euros, contre 2,46 milliards en 2018, sur la base d’un Ebitda de 9,9 à 10,3 milliards (après 9,2 milliards l’an dernier). Le dividende représentera de 65 % à 75 % du bénéfice net courant, le groupe visant « le haut de cette fourchette ». L’assemblée générale, réunie vendredi après-midi, devait voter, au moment de notre mise sous presse, un dividende de 1,12 € (dont 0,37 € d’exceptionnel), procurant un rendement de 8 % avant la majoration de 10 % pour les actionnaires au nominatif depuis plus de deux ans. Le consensus FactSet anticipe un dividende de 0,78 € pour 2019.