Euronext L’opérateur remporte Oslo Bors au finish

Euronext a gagné d’une bonne tête. Après cinq mois de course d’obstacles l’opposant au Nasdaq, Euronext va finalement pouvoir s’emparer de la Bourse norvégienne. En effet, l’opérateur, qui gère déjà les places de Paris, de Bruxelles, d’Amsterdam, de Lisbonne et de Dublin, a obtenu lundi le feu vert du ministre norvégien des Finances pour le rachat de 100 % de la Bourse d’Oslo à hauteur de 692 millions d’euros. Euronext a indiqué attendre avec impatience les prochaines étapes pour finaliser l’opération d’ici à fin juin. Le groupe avait pris une longueur d’avance sur son rival en sécurisant 53,4 % du capital d’Oslo Børs en direct et via des engagements irrévocables d’actionnaires.

Mais il lui manquait encore l’aval du ministère norvégien des Finances, qui n’a pas retenu l’argument du Nasdaq. Celui-ci voulait qu’un seuil plus restrictif de deux tiers du capital soit fixé pour remporter la mise. Stéphane Boujnah, PDG d’Euronext, a précisé que l’offre d’Euronext, qui court jusqu’au 31 mai, était ouverte aux actionnaires ayant rallié le Nasdaq. Le conseil d’administration d’Oslo Børs, jusque-là fervent défenseur de l’offre du géant boursier américain, a précisé qu’il travaillerait avec le nouveau propriétaire.

L’épilogue de ce long feuilleton est une bonne nouvelle pour Euronext. Le groupe va pouvoir ajouter plusieurs cordes à son arc grâce à la Bourse d’Oslo, en mettant un pied en Europe du Nord et en se renforçant également sur les métiers en forte croissance du post-marché (compensation, règlement, conservation). La contribution de cette activité au chiffre d’affaires d’Euronext passera d’à peine 13 % aujourd’hui à 18 % après le rachat, comme nous l’indiquions dans notre étude la semaine dernière (lire Investir no 2366).

Euronext ne compte pas s’arrêter là. Le groupe a expliqué, lors de la présentation des résultats du premier trimestre, qu’il entendait poursuivre les acquisitions sans pour autant remettre en cause sa solidité financière. A la fin de mars, il dispose de 670 millions d’euros de liquidité pour continuer ses emplettes. Dans un contexte de baisse des volumes de transactions, la diversification géographique et par métiers est devenue cruciale pour les principales Bourses européennes. Euronext l’a vérifié au premier trimestre en accusant un repli de 6,6 % de son bénéfice net, à 56,1 millions d’euros. Même si elle recule à 58,5 %, contre 61,1 % un an plus tôt, du fait notamment de l’impact des acquisitions récentes, la marge opérationnelle reste à un niveau élevée.