Aux Etats-Unis, la baisse des profits n’aura pas lieu

Les attentes, logiquement, n’étaient pas très élevées pour le premier trimestre 2019 des entreprises américaines. La base était en effet difficile, puisque les comptes des trois premiers mois de 2018 avaient bénéficié de l’effet dopant de la réforme fiscale de Donald Trump.

Avant que ne démarre la saison des publications, les analystes financiers s’attendaient donc à ce que les bénéfices par action du S&P 500 s’inscrivent cette fois en repli, de l’ordre de 3 %. Finalement, ils devraient être stables, voire légèrement en croissance : après environ 450 publications sur 500, on s’oriente vers une hausse de 0,6 % sur un an. Il faut dire que, outre l’effet favorable des substantiels programmes de rachats d’actions, 75 % des entreprises de l’indice large américain ont dépassé les attentes du marché. Les banques figurent parmi les bonnes surprises. « Elément particulièrement rassurant, le risque crédit reste faible, observe Aurel BGC dans son étude consacrée aux résultats américains. Les taux de défaut et pertes nettes sur les crédits restent sur des plus-bas historiques, au niveau des entreprises comme des ménages. » Le bureau d’analyse souligne néanmoins que les activités de financement et d’investissement ont souffert du faible appétit de leurs clients pour les actifs risqués, de la baisse des volumes sur les marchés actions et du report de nombreuses opérations financières.

LES GAFAM AU RENDEZ-VOUS
Très suivi, du fait de sa taille et de sa dynamique de croissance, le secteur technologique a été, dans l’ensemble, à la hauteur des attentes. Microsoft, Facebook ou encore Amazon ont enregistré des performances supérieures aux prévisions. Apple n’a pas brillé sur ses résultats du trimestre passé, mais le marché a salué les perspectives présentées pour l’avenir.

Le contexte est moins rose dans le monde des semi-conducteurs, pénalisé par la contraction des ventes mondiales de smartphones et de voitures. Intel a abaissé sa prévision de chiffre d’affaires pour l’année en cours. Dans les services informatiques, on se souvient aussi de la chute du titre IBM après l’annonce de revenus inférieurs aux attentes dans le cloud et de prévisions jugées trop timides. Quelques grandes figures du secteur industriel ont également trébuché lors de cette saison de publications, à l’image de Caterpillar et de 3M. Le premier a fait état de ses difficultés sur le marché asiatique. Le second a réduit ses ambitions pour l’exercice, après une publication décevante. Pour le deuxième trimestre, les analystes prévoient pour le moment un repli des bénéfices par action, d’un peu moins de 2 %. Connaîtra-t-il une évolution aussi favorable que le premier, alors que l’économie américaine est attendue en croissance ?