Korian Intoxications alimentaires mortelles dans un établissement

Coup de tonnerre pour le groupe de maisons de retraite qui gère, avec un effectif de 52.000 personnes, 803 établissements représentant 78.000 lits dans cinq pays. Cinq personnes sont décédées dimanche 31 mars : quatre femmes, l’une de 76 ans, les autres âgées de 93 à 95 ans, et un homme de 93 ans, en raison d’une intoxication alimentaire lors du dîner.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’est rendue sur place, et une première plainte de famille de victime a été déposée. Jeudi 4 avril, le procureur de Toulouse a confirmé l’hypothèse de l’intoxication alimentaire, en indiquant que « quatre des cinq victimes avaient mangé des repas mixés, mais qu’il n’y avait pas encore de précision sur les bactéries incriminées ».

L’ENQUÊTE EST OUVERTE
Cette tragédie a eu lieu dans la maison de retraite La Chêneraie à Lherm, près de Toulouse, un établissement du groupe Oméga, luimême très récemment racheté par Korian (le 18 février). Les résultats du contrôle sanitaire réalisé le 12 février 2019 par le vendeur, et nécessaire au bouclage de l’acquisition, s’étaient révélés, a priori, conformes.

L’agence régionale de santé, la préfecture, les services du procureur et le conseil départemental ont ouvert une enquête pour déterminer la cause de cette intoxication, dont les résultats devraient être bientôt connus. Le champ des possibles est très large en raison du nombre d’intermédiaires. Sodexho organise l’ensemble des achats localement et livre chaque établissement, qui prépare les repas dans sa propre cuisine. D’un point de vue financier, le groupe dispose d’une couverture de gestion des risques, qui lui permet d’affronter des incidents de ce type (crise sanitaire, risques liés aux produits alimentaires, poursuite à son encontre, actions contre le vendeur…), comme le mentionne le document de référence. Le plus gros impact à craindre est pour le moment au niveau de l’image. Toutefois, le fait que l’incident arrive dans un Ehpad avec sa propre cuisine et ses propres ingrédients locaux élimine une possible extension du risque sur d’autres établissements. Selon Société Générale, « tout problème de réputation concernant un établissement en particulier a peu d’impact sur les autres à condition qu’il soit prouvé qu’il ne soit pas de nature systémique ». Le titre a reculé de 5,6 % sur la semaine.