Gemalto Les dernières semaines en Bourse et l’entrée chez Thales

La première phase de l’offre s’est achevée le 29 mars par l’obtention par Thales de 85,58 % du capital de Gemalto. La seconde phase, la réouverture de l’offre, se déroule jusqu’au 15 avril. Mais après quinze mois d’attente, les deux groupes ont finalisé leur rapprochement le 2 avril, une journée « historique », selon Thales. « Cette opération est la plus transformante pour Thales de toutes celles réalisées depuis vingt ans », a estimé Patrice Caine, PDG de Thales.

Dans les grandes lignes, ce mariage permet à Thales d’augmenter sa force de frappe : le groupe passe de presque 16 à 19 milliards d’euros de chiffre d’affaires et à 80.000 salariés. Il regroupe 28.000 ingénieurs dont 3.000 chercheurs, et la part de R&D autofinancée devrait atteindre le milliard d’euros. « La puissance d’innovation du groupe est renforcée et nous disposons d’un portefeuille significatif de 20.500 brevets », a souligné Philippe Keryer, directeur de la stratégie, recherche et technologies.

À 60 % CIVIL AUJOURD’HUI
Gemalto intégrera Thales pour former, avec d’autres actifs de Thales comme Guavus, la division mondiale Sécurité digitale. Le groupe devient un des leaders de l’identité et de la sécurité numérique, positionné sur quatre technologies clés, l’Internet des objets, le traitement des données, l’intelligence artificielle et la cybersécurité. Le nouveau Thales couvrira l’ensemble de la chaîne, de la génération de données par capteurs à la prise de décision en temps réel. Les activités réalisées dans le civil deviendront majoritaires par rapport à celles du militaire.

Thales a confirmé qu’il ferait un point sur ses ambitions pour 2019 « avant l’été » pour prendre en compte l’entrée de Gemalto (les objectifs donnés pour Thales seuls sont inchangés) tandis qu’à l’occasion d’une journée dédiée aux investisseurs, il présentera « après l’été » ses nouveaux objectifs de moyen terme. Par ailleurs, le groupe ne s’interdit pas de nouvelles acquisitions, ciblées, dans le civil comme dans la défense s’il y a des opportunités, même si « le problème n’est pas aujourd’hui une question de financement mais de disponibilité managériale », considère Patrice Caine. Quant à d’éventuels ajustements de périmètres, concernant les activités de cartes SIM de Gemalto, notamment, le patron de Thales indique : « Cette activité est historique et nous ferons de notre mieux pour la gérer dans un environnement compétitif. Nous verrons.»