La pureté des produits marins de la Gaspésie séduit la Chine

La PME québécoise Arctica Food a du succès en Chine grâce à ses concombres de mer, un produit très prisé là-bas depuis des millénaires. La clé du succès du concombre québécois: les eaux pures du golfe du Saint-Laurent.

« La Chine cherche des aliments naturels, qui ne sont pas pollués », explique le fondateur de l’entreprise de Brossard, Philippe Wang, un Québécois d’origine chinoise qui connaît bien le marché chinois et qui visite régulièrement ce pays.

Selon lui, cette situation procure un net avantage aux concombres de mer de la Gaspésie, un fruit de mer qui, il y a quelques années encore, était rejeté à la mer ou jeté à la poubelle par les pêcheurs dans le golfe du Saint-Laurent.

« Nos concombres de mer sont perçus comme des produits propres et naturels qui n’ont jamais été exploités, souligne M. Wang. Ce n’est pas comme dans les élevages en Chine, où l’on donne de la nourriture industrielle à ces fruits de mer. »

Plusieurs pays produisent des concombres de mer dans le monde, tels que la Chine, la Russie ou l’Islande. Les provinces canadiennes de l’Atlantique en produisent également. Au moins six poissonneries exportent leur production, selon Radio-Canada.

Les concombres sont transformés à Cloridorme
À l’étranger, Arctica Food vend uniquement des concombres en Chine. Ils sont transformés par la Poissonnerie de Cloridorme, une PME située dans le petit village situé près de Gaspé – des concombres sont aussi vendus au Canada auprès de la communauté chinoise et asiatique.

Depuis sa fondation, la poissonnerie se spécialisait dans la transformation et la commercialisation de poissons de fonds. En 2012, elle a toutefois diversifié ses produits et ses marchés en misant sur les concombres de mer.

Le gouvernement du Québec lui a accordé une aide financière de 363713$ pour ce projet.

Un pari qui a porté ses fruits. De nouveaux emplois locaux ont été créés et les concombres de mer produits à Cloridorme et exportés en Chine (par avion, sous forme de produits séchés) se vendent environ 200$ la livre au détail, selon M. Wang.

Le marché visé est celui des consommateurs bien nantis, des gens affaires aux politiciens, en passant par les professionnels issus de la classe moyenne supérieure qui ont les moyens de se payer ce produit de luxe en Chine.

« De nombreux Chinois sont inquiets à propos de la sécurité des aliments qu’ils consomment. Ils recherchent des produits de qualité », explique le patron d’Arctica Food. L’entrepreneur préfère taire son chiffre d’affaires en raison de la concurrence. Pour illustrer le succès des concombres de mer gaspésiens en Chine, il affirme que ces produits ont généré l’an dernier des ventes au détail d’environ 50 millions de dollars canadiens.

Une certification chinoise très utile
Selon M. Wang, un autre facteur explique l’engouement des Chinois pour les concombres de mer du Québec: le produit est certifié par la China Certification & Inspection Canada (CCIC), une division de société chinoise China Certification & Inspection Group.

L’étiquette collée sur les produits d’Artica Food indique que les produits sont de très grande qualité.

« Quand un produit étranger est certifié en Chine, c’est la clé pour augmenter les ventes. C’est même plus important que la fluidité de vos produits à la douane », affirme l’entrepreneur.

Enfin, les produits d’Arctica Food ont aussi bénéficié des retombées d’un reportage diffusé en 2018 par la CCTV 4 (China Central Television), soit la quatrième chaîne du réseau national de la télévision publique en Chine, regardée par des dizaines de millions de Chinois.

M. Wang leur avait accordé une interview lors du China International Importation Exhibition, à Shanghai.