Remigration en tacos

Chaque fois que Donald Trump joue au méchant garde-frontière sur Twitter, le monde entier se récrie avec émotion sur le sort des pauvres migrants d’Amérique centrale refoulés de l’autre côté du Rio Grande. Le 12 avril, le patron de la Maison-Blanche a proposé aux maires démocrates de Chicago et de San Francisco d’accueillir ces réfugiés dans leurs « villes sanctuaires ».

Tollé général. Le Monde et l’AFP reprennent aussitôt la déclaration outrée du maire démocrate de Los Angeles, Eric Garcetti : « La dernière idée haineuse de l’administration Trump n’est rien de plus qu’une diversion superflue et une perte de temps. Nous avons besoin de vraies solutions qui défendent nos valeurs, pas de politiques honteuses qui diabolisent les immigrés. »

Mais Trump a-t-il vraiment le monopole des « politiques (migratoires) honteuses » ? Le 14 avril, le gouvernement mexicain a expulsé 204 migrants vers le Honduras et le Guatemala. Bizarrement, l’indignation s’est faite beaucoup plus discrète, voire inexistante. Malgré une dépêche de la très respectable agence Associated Press, aucun média français n’a relayé l’information.

En octobre, le chassé-croisé de la caravane migratoire avait pourtant fait la une. Mais le gouvernement centriste d’Enrique Pena Nieto était alors aux commandes. Depuis, le Mexique est passé de l’ombre à la lumière. Le chef du Mouvement de régénération nationale (Morena), parti de gauche, a chassé Pena Nieto du pouvoir le 1er décembre 2018. Il a aussi supprimé les visas humanitaires qui permettaient aux migrants de traverser le pays en toute légalité. Quoique de gauche, Andrés Manuel López Obrador subit la pression de Donald Trump. Ceci explique sans doute cela.