Michelin Changement dans la continuité et objectifs confirmés

C’était une journée investisseurs, placée sous le signe de la passation de pouvoir chez Michelin, qui était organisée ce jeudi à Almeria, dans le centre d’essai espagnol du pneumaticien. L’introduction de la journée a, en effet, été réalisée par Jean-Dominique Senard, président de la gérance qui quittera ses fonctions lors de la prochaine assemblée du 17 mai, et c’est Florent Menegaux, son successeur, qui en a assuré la conclusion.

Les éléments du plan 2020 ont été confirmés. Le résultat d’exploitation (Ebit) qui, à devises constantes, a augmenté d’un peu moins de 450 millions entre 2016 et 2018 doit encore progresser de 550 millions pour atteindre l’objectif de 3,7 milliards en 2020 (soit environ 3,5 milliards si l’on tient compte de l’évolution défavorable des parités.). Pour cela le groupe compte principalement sur la croissance des volumes et du mix produit. Dans les pneus pour véhicule de tourisme, Bibendum compte profiter de son positionnement haut de gamme qui lui permet, notamment, de gagner des parts de marché sur le segment en fort développement des pneus de 18 pouces et plus, tout en affichant des tarifs plus élevés que ses grands concurrents, Bridgestone, Pirelli, Continental ou Goodyear. Mais c’est sûrement la division Spécialités – renforcée par les acquisitions récentes de Fenner (bandes transporteuses, produits à base de polymères) et Camso (chenilles en caoutchoucs, pneus pleins)– qui devrait tirer la croissance de l’activité et, plus encore des résultats, car c’est la division qui affiche la plus for te marge opérationnelle. Par ailleurs, les programmes d’économies devraient permettre d’améliorer le résultat d’exploitation d’une centaine de millions en deux ans. En matière de génération de trésorerie, l’objectif est de dépasser 1,7 milliard contre 1,28 milliard l’an dernier, année pénalisée, il est vrai, par le coût des acquisitions.

L’ACCENT SUR LES COÛTS
Au-delà de 2020, Michelin compte améliorer ses coûts en accentuant la part de l’Asie dans la production et en réduisant l’écart avec ses grands concurrents en termes de frais généraux et administratifs rapportés au chiffre d’affaires. Par ailleurs Florent Menegaux a annoncé la mise en place d’un programme de rachat d’actions de 500 millions, soit sur la base du cours actuel, 2,5 % du capital entre 2019 et 2023.