Bercy revoit ses ambitions budgétaires

L’année 2018 était déjà ressortie meilleure que prévu pour le déficit budgétaire, avec un solde à 2,5 %, grâce à une croissance plus dynamique qu’attendu, à 1,6 %. La France fera également mieux qu’anticipé cette année, avec un déficit de 3,1 % (au lieu de 3,2 %), creusé par l’impact ponctuel de la transformation du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) en baisse de charges, ainsi que par les mesures annoncées pour apaiser la contestation des gilets jaunes.

Mais, d’après les chiffres du programme de stabilité pluriannuel annoncés par Bercy mardi 2 avril à l’intention de la Commission européenne, la situation ne devrait pas se redresser aussi rapidement que prévu par la suite. 2022 ne verra pas le retour à l’équilibre budgétaire, avec un déficit à seulement 0,3 % du PIB, comme anticipé à l’automne dernier. Il devrait en réalité atteindre 1,2 % en 2022.

CROISSANCE RÉVISÉE
Un écart qui s’explique en grande partie par la révision en baisse de la croissance française dans les prochaines années. La hausse du PIB devrait s’élever en moyenne à 1,4 % par an d’ici la fin du quinquennat, au lieu des 1,7 % prévus auparavant.

Autre objectif remis en cause, le poids des dépenses publiques ne sera pas abaissé de 4 points de pourcentage de PIB mais de 2,9 points seulement. La Commission européenne pourrait bien s’offusquer avant tout de la nouvelle trajectoire de la dette publique, qui ne baissera que de 1,6 point d’ici 2022, au lieu des 5 points attendus. L’institution aura cependant plus à s’inquiéter de l’Italie. Selon l’OCDE, le déficit devrait atteindre 2,5 % cette année, soit un demi-point de plus que prévu. Le PIB est attendu en contraction de 0,2 %, avant de se redresser de 0,5 % en 2020. L’OCDE craint que l’incertitude politique et la hausse du coût de financement de l’Etat (à 2,16 % pour les dix ans contre 0,38 % pour la France) amoindrissent l’impact des mesures de relance.