Cochonne qui s'en dédit

Le week-end de Pâques, les « Musulmans de France » (ex-UOIF) ont organisé leur traditionnel grand raout du Bourget. Comme à la Samaritaine, on y trouve de tout : de la restauration rapide hallal, des tenues de mariées, quelques librairies islamiques et même un stand d’« écodjihad » axé sur la défense de l’environnement. Mais cette année, un personnage inattendu a fait tourner les têtes : une truie promenée en laisse ! Rassurezvous, il ne s’agit pas d’une provocation identitaire, la maîtresse de l’animal étant une musulmane voilée de stricte observance.

Un coup d’oeil sur le programme du rassemblement nous apprend que la cochonne se prénomme Peppa et loge à la ferme écologique La Francilienne, représentée au salon par une petite ménagerie. Questionnée par un quidam amusé (« C’est un cochon hallal ? Il est venu se convertir ? »), l’une des fermières explique « essayer de déconstruire les représentations stéréotypées que les musulmans ont envers le cochon. On ne doit pas le manger, mais ça reste un animal que Dieu a créé. » Courageuse profession de foi ! Car contrairement à l’alcool, promis aux élus du paradis, le cochon pâtit chez la majorité des musulmans d’une mauvaise image associée à la saleté. De son propre aveu, l’agricultrice convertie à l’islam a essuyé des quolibets (« C’est la honte ! N’importe quoi ! Le foulard et ça à la main, ça ne va pas ! »), malgré ses justifications : « Dans un système écologique, il a tout à fait sa place dans la mesure où il permet de réduire le gaspillage alimentaire. Il absorbe une matière organique énorme, parce qu’il mange beaucoup. Et c’est une force de travail aussi parce qu’il laboure énormément la terre… » En attendant que Peppa devienne la mascotte du Bourget, un porc présumé, naguère habitué du salon, a brillé par son absence : Tariq Ramadan !.