Ceylan, capitale du terrorisme

L’horrible massacre commis au Sri Lanka par des terroristes islamistes le dimanche de Pâques a replongé l’île de l’océan Indien dans un passé qu’elle croyait révolu. Depuis une dizaine d’années, les 21 millions de Sri Lankais croyaient s’être débarrassés de la guerre civile entre les Tamouls d’origine indienne et de religion hindoue (12 % de la population) et les Cinghalais (70 %) majoritairement bouddhistes, qui s’est soldée par plus de 100 000 victimes. Quant aux musulmans (7 %, se revendiquant d’origine arabe), ils ont été la cible d’attentats tamouls avant d’être plus récemment visés dans leurs mosquées par des bouddhistes radicaux et des nationalistes cinghalais.

Pour la première fois, des chrétiens sri lankais (6 %), à la fois tamouls et cinghalais, ont été attaqués par leurs compatriotes musulmans dans une stratégie qui ne laisse rien au hasard. L’examen des cibles suggère un choix méthodique : deux églises catholiques dans des régions majoritairement cinghalaises, un temple protestant en zone tamoule et des hôtels prisés par les touristes occidentaux. Évidemment, les terroristes ont délibérément frappé le jour de Pâques, qui coïncide avec les vacances de printemps. L’agenda du djihad mondial aujourd’hui dominé par la franchise Daech a fait étape à Ceylan en jouant sur les tensions locales.

Mais ce petit jeu pervers ne date pas d’hier : au début des années 1980, les pionniers de l’islamisme s’étaient déjà inspirés de la guerre civile sri lankaise. Les Tigres noirs, la branche armée des Tigres de libération de l’Îlam tamoul, qui revendiquaient la création d’un État tamoul, ont été pionniers en matière d’attentats suicides. Ce sont aussi eux qui, quelques années plus tard, ont envoyé les premières femmes kamikazes se faire exploser au milieu des foules. Instruits par ce précédent, les chiites libanais du Hezbollah et les Palestiniens ont suivi l’exemple. Depuis, le terrorisme mondialisé a fait des petits…