Le rachat à l’étude d’Epsilon stimulerait la croissance

Une acquisition stratégique majeure est envisagée, a confirmé Publicis, lundi, ajoutant qu’il « est souvent arrivé (encore récemment) que des pistes soient étudiées et abandonnées ». Endetté, le groupe Alliance Data Systems a mis en vente sa filiale Epsilon, active notamment dans le domaine des données de ciblage sur les consommateurs. Mais, outre Publicis, un autre candidat est sur les rangs (Advent allié à Goldman Sachs), faisant craindre une surenchère.

Le prix qui circule peut impressionner : 5 milliards de dollars, soit 4,45 milliards d’euros. Dans l’absolu, cette opération est à la portée de Publicis, dont la dette nette moyenne se limitait en 2018 à 1,3 milliard d’euros, soit 0,6 fois l’Ebitda (2 milliards). Ce levier pourrait monter à 2,3 fois avec Epsilon. Cette société affichait l’an passé un Ebitda de 475 millions de dollars (423 millions d’euros).

Le prix évoqué est-il trop élevé ? Ferait-il planer un risque de dépréciation ? Il représenterait 10,5 fois l’Ebitda, ce qui est élevé par rapport à la valorisation actuelle de Publicis (12,37 milliards de valeur d’entreprise, soit 6 fois l’Ebitda). Mais ce ratio serait en ligne avec ce qui se pratique dans le secteur d’Epsilon. Un concurrent, Acxiom, a été acquis par Interpublic sur la base de 11,5 fois.

Si la marge opérationnelle d’Epsilon (374 millions de dollars soit 17 %) est identique à celle de Publicis, sa croissance potentielle est supérieure, alors que Publicis doit absolument renouer avec la croissance organique (attendue en recul au premier trimestre). Certes, en 2018, les revenus d’Epsilon ont reculé, mais c’était en raison de la perte d’un gros client (Toy’s “R”Us), explique un analyste. Epsilon aiderait Publicis à collecter et à détenir des données, à l’heure où leur accès est plus difficile (RGPD, meilleure protection par les géants du Net).