Préférez les entreprises aux bilans solides

Bonne gestion Si le ralentissement économique s’intensifie ou, à l’inverse, si les taux remontent, les entreprises dont les bilans sont gorgés de dettes souffriront. Il convient donc de se positionner sur celles, dont la solidité financière autorise, soit une stratégie offensive soit une redistribution aux actionnaires.

Depuis la crise de 2008, l’endettement est sur les radars des marchés financiers. Les dérapages sont ainsi régulièrement pointés du doigt. L’OCDE, dans une étude de fin février, vient de faire remarquer que les entreprises dans le monde ont multiplié par deux leur dette obligataire en onze ans.

L’Institute of International Finance (IFF) a calculé que, avec 72.000 milliards de dollars (92 % du PIB mondial), les entreprises sont les acteurs économiques les plus endettés (par rapport aux gouvernements et aux individus), et surtout celles des pays émergents. Ainsi, Pékin n’a pas tardé à durcir les contrôles, afin d’éviter de trop nombreuses défaillances pouvant fragiliser son système financier.

De plus, non seulement la dette s’est accrue, mais la qualité des crédits s’est détériorée. La Banque des règlements internationaux (BRI), dans son dernier rapport, pointe que le nombre des émetteurs disposant d’une note BBB (aptitude à remplir ses obligations, mais sensible aux effets défavorables des changements de conditions économiques) a atteint un haut niveau aux Etats-Unis et en Europe.

Dans cet environnement, les entreprises françaises font toutefois partie des bons élèves. « Les ratios de crédit de la majorité des entreprises cotées que nous notons sont sains. L’endettement est maîtrisé et discipliné », estime Eric Tanguy, directeur senior du secteur Entreprises chez S&P Global Ratings.

Toutefois, lorsque le niveau de dette est jugé trop élevé, la Bourse se méfie et dès qu’une note est abaissée par les agences Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch, comme ce fut récemment le cas pour Carrefour et Casino, le marché le sanctionne.

ANALYSER LE NIVEAU DE LA DETTE
Mais ces exemples sont assez isolés dans la cote parisienne (lire notre encadré ci-contre). Contrairement aux Etats-Unis, où la dette a été creusée afin d’ef fectuer des rachat s d’actions, en France, nombre de sociétés ont profité des faibles taux d’intérêt pour réaliser de judicieuses acquisitions, notamment à l’international. Accor, Air Liquide, Total ou Unibail-Rodamco ne sont que quelques exemples.

Il convient, en outre, d’analyser le niveau de dette au regard de la marge brute d’autofinanc ement ou de l’excédent brut d’exploitation. Pour la majorité des sociétés du Cac 40, les dettes sont couvertes par la génération de cashflow à hauteur de 30 %, nous précisent les experts de S&P Global Ratings.

Dans ce dossier, nous n’avons retenu parmi nos favorites que les sociétés financièrement solides (trésorerie nette positive), ce qui leur donne une marge de manoeuvre suffisante pour de la croissance externe ou, si la conjoncture devait se dégrader, pour financer leurs investissements et le versement des dividendes. La Bourse préfère les fourmis aux cigales.