Salaire de Carlos Ghosn… dernière

Pour la dernière fois, la rémunération de Carlos Ghosn sera au centre des débats lors de l’assemblée. On se souvient que lors des précédentes AG, le sujet avait été l’objet d’un bras de fer entre l’ex-patron du groupe automobile et l’Etat français. En 2016, les actionnaires avaient même rejeté à 54 % la résolution, qui n’était alors que consultative, sans que le conseil modifie nettement la rémunération du PDG. Cet événement avait été à l’origine de la modification de la loi. Désormais, elle rend contraignants les votes sur les rémunérations des dirigeants.

Cette fois, la situation est tout autre. Le conseil d’administration, réuni le 3 avril, a décidé « de recommander à l’assemblée générale de ne pas approuver la résolution […] portant sur les éléments de rémunération fixes, variables et exceptionnels dus ou attribués à M. Carlos Ghosn au titre de l’exercice 2018 ». En conséquence, ce dernier ne devrait pas toucher la part payable en numéraire de sa rémunération variable de 2018 (224.000 €). Par ailleurs, le conseil d’administration a constaté que les conditions de départ du PDG ne lui permettront pas de toucher sa « retraite chapeau » de 780.000 € par an. Il a aussi rappelé qu’il avait déjà, lors de sa séance du 13 février, acté que la clause de non-concurrence (4 millions selon Proxinvest) et les actions de performance (21,6 millions selon Proxinvest) ne lui seraient pas versées.

Le vote sur la politique de rémunération future, qui avait d’ailleurs été largement adoptée l’an dernier, ne devrait pas poser de problème cette fois : le salaire proposé pour le nouveau président Jean-Dominique Senard est sans commune mesure avec celui de son prédécesseur (450.000 € sans part variable).