Un fonds activiste conteste le PDG

Dans trois semaines, les actionnaires de Scor devront se prononcer sur une résolution de plus que prévu : le fonds Ciam (0,94 % du capital) demande la révocation de Denis Kessler en tant qu’administrateur (une telle résolution requiert une majorité simple). Un véritable pavé dans la mare ! Artisan du redressement du groupe de réassurance depuis 2002, Denis Kessler a été renouvelé comme président et directeur général pour quatre ans en avril 2017.

Mais le fonds activiste conteste la gouvernance et reproche au conseil de Scor de ne pas avoir réalisé, l’été 2018, « un réel examen » du projet d’offre de Covéa, alors premier actionnaire avec 8,2 % du capital. Le groupe mutualiste était prêt à lancer une OPA à 43 €. Ciam estime nécessaire la dissociation des fonctions, sans demander le départ de Denis Kessler de son poste de directeur général. Option rejetée par l’intéressé, qui rappelle que sa révocation en tant qu’administrateur signerait de fait la fin de son mandat de directeur général.

RÉMUNÉRATION
Le fonds activiste appelle aussi à voter contre sa rémunération (résolutions 4 et 5), jugée trop élevée, et contre le renouvellement du mandat du président de Groupe ADP, Augustin de Romanet (résolution 7), actionnaire référent, qu’il estime « trop occupé » par ailleurs pour mener à bien sa fonction. La direction de Scor, qui organise ces jours-ci, comme chaque année en amont de l’assemblée générale, ses roadshows gouvernance, va donc devoir défendre ses positions auprès des institutionnels internationaux, qui suivent la bataille de loin. A noter que les fonds de BlackRock cumuleraient aujourd’hui environ 9 % des titres Scor, se plaçant donc devant Covéa.