LA DISPARITION PROGRESSIVE DES OISEAUX

il y a urgence ! Selon un rapport de l’ONG Birdlife, une espèce d’oiseau sur huit serait menacée d’extinction. En dix-sept ans, la population des volatiles dans les campagnes françaises s’est réduite de 30%. Les espèces les plus menacées sont les moineaux. À Paris, pas moins de 3 sur 4 ont disparu en treize ans. La tourterelle des bois n’existe quant à elle pratiquement plus dans les grandes villes.

Réchauffement de la planète Comment en est-on arrivé là ? Vous le savez aussi bien que moi. Le réchauffement de la planète lié à la pollution et l’urbanisation en sont les principales causes. Si l’on ajoute que nos 13 millions de chats tuent près de 75 millions d’oiseaux chaque année dans l’Hexagone, il y a de quoi être catastrophé. La situation est d’autant plus préoccupante que le Conseil d’État vient de confirmer pour cinq départements (Alpes-Maritimes, les Alpes-de- Haute-Provence, les Bouches-du- R hône, le Var et le Vaucluse) le droit de poursuivre la chasse à la glu. Cela consiste à engluer des branches d’arbre de manière à piéger un oiseau. Celui-ci appelle alors ses congénères sur lesquels les chasseurs n’ont plus qu’à tirer. Quelle cruauté! Les défenseurs de la nature n’ont pas tardé à réagir. Selon Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO (Ligue de protection des oiseaux), « Quand les oiseaux sont prisonniers de la colle, ils se débattent. Le plus souvent, ils perdent des plumes qui sont arrachées. » Ainsi, les relâcher, c’est leur assurer une mort certaine. La colère gronde aussi chez les écologistes, car le ministre en charge de la biodiversité a signé pour la saison 2018-2019 dix arrêtés sur le piégeage des oiseaux, autorisant en région Paca, par exemple, la capture de 42 500 grives et merles. Alors faut-il interdire cette chasse? La LPO demande à la Cour européenne de trancher. Affaire à suivre.

Traditionnel
En attendant, d’autres chasses traditionnelles sont encore pratiquées un peu partout avec des « appelants », toujours fusils chargés. Le principe est simple : les chasseurs apprennent eux-mêmes à imiter les chants et cris des gibiers d’eau pour attirer des oiseaux vers eux. Ils sont dissimulés sous des bâches et quand des volatiles approchent, pensant rejoindre un congénère, les giboyeurs tirent. Cette chasse a beaucoup de succès dans le bassin d’Arcachon, en particulier sur l’île aux Oiseaux où près de cinquante cabanes de chasse, appelées «tonnes», sont implantées pour surprendre les canards et les limicoles (petits échassiers). Évidemment les chasses traditionnelles sont mises en cause. Les ruraux, eux, se défendent et préconisent des quotas qui permettraient d’éviter la disparition des espèces menacées. Une chose est certaine, il reste aux amoureux de la nature à nourrir, sur leur fenêtre en ce froid hiver, ces petits oiseaux que l’on aime tant.