la Face cachée du marché de tort

Intéressé ou pas par ce thème,ll faut lire absolument la Face cachée du marché de tort (publié début octobre par Beaux Arts éditions et disponible dans toutes les librairies), écrit par la journaliste anglaise Georgina Adam, spécialiste incontestée du sujet depuis plus de trente ans.

Son enquête internationale sur les principaux acteurs de l’art contemporain y révèle des facettes obscènes dont la réalité dépasse la fiction, au point de ressembler à tm polar totalement délirant ! L’ouvrage s’intéresse pour l’essentiel à la frange supérieure du marché, celle qui fait la une des médias mais ne concerne pas la plupart des amateurs d’art «En fait, les oeuvres vendues pour plus d’un million de dollars en 2015 n’ont constitué que 1% des transactions, celles de plus de 10 millions, une fraction encore plus petite, mais en valeur, on parle de 28% du total des ventes», écrit-elle. Et ce marché du haut de gamme ressemble à un James Bond – l’humour en moins.

Au point que l’on soit choqué par la lecture de cet essai ! On y découvre pèle-mêle: les fêtes les plus inimaginables pour vendre à de riches gogos les créations de jeunes artistes à des prix fous et dont la cote s’effondre trois ans après: la façon dont la Chine est devenue te premier marché de l’art devant les États-Unis; la surproduction d’oeuvres de certains artistes produites comme à l’usine: l’obsession de la spéculation de nombre d’acheteurs («C’est un phénomène de ces quinze dernières années; l’art est devenu une marchandise que l’on achète uniquement pour la revendre et réaliser un profit», témoigne le galeriste’rhaddaeus Ropac); le recyclage de l’argent sale en oeuvres d’art («H existe peu d’exemples connus du public d’utilisation de l’art dans le blanchiment d’argent. mais c’est un problème croissante, souligne Meridith Savona, agent spécial du FBI); la manipulation du prix des oeuvres: les scandales innombrables et les faux de plus en plus nombreux exposés dans les plus grands musées ou vendus par les plus grandes maisons de ventes; l’univers secret des ports francs, qui permettent à des collectionneurs du monde entier d’échanger des oeuvres et des millions sans payer de taxes; la cupidité de créateurs prêts à tout pour devenir fortunés: l’infiltration croissante et insidieuse du marché dans les musées les plus respectables de la planète… Cela a de quoi nous dégoûter, mais c’est une réalité qui, cependant, ne concerne qu’une minorité, rappelle Georgina Adam_ Car si, comme le dit l’art advisor Lisa Schiff, «aujourd’hui, pratiquement tout est une plate-forme de vente. Dans un musée, une galerie ou une biennale, l’art contemporain est presque invariablement à vendre», l’essentiel des acheteurs, de Paris à Dijon en passant par Shanghai, demeure des amateurs qui aiment purement et simplement les oeuvres. Même si les médias sont obsédés par les Tnimp de l’art, je suis convaincu, au moment où s’ouvre une nouvelle édition de la Flac, que la majorité d’entre nous est davantage sensible à la magie de l’art qu’à son marché, comme le montre le reportage aux États-Unis que nous publions en avant-première sur la fondation Glenstone I .

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