A la tête du pays depuis douze ans

Rien n’y fait. Dans les meetings du Likoud, son parti, à chacune des apparitions de Benyamin Netanyahou, la foule de ses supporteurs, enthousiastes, scande : « Bibi, roi d’Israël ! » Autant dire que ceux qui se hasardent à prédire sa fin proche en sont pour leurs frais.

Après douze ans à la direction du pays, alors qu’il en est à son quatrième mandat de Premier ministre, Netanyahou a toujours le vent en poupe. En septembre, il devrait même battre le record de longévité de David Ben Gourion comme chef de gouvernement. Lors de la cérémonie du 70e anniversaire de l’Etat, il a prononcé un discours de près d’un quart d’heure, n’hésitant pas à bousculer le protocole. Un véritable satisfecit personnel : « Nous sommes en train de transformer Israël en puissance mondiale », a-t-il expliqué, avant de conclure : « L’admiration à l’égard d’Israël se propage peu à peu dans certains pays arabes. » Sur le plan intérieur, les choses vont plutôt bien. Les indicateurs économiques sont excellents. Une croissance de plus de 3 % ; un chômage à 4 % – quasi le plein-emploi ; un PNB par habitant qui flirte avec les 40 000 dollars. Il y a bien quelques trous noirs, comme le taux de pauvreté, l’un des plus importants des pays de l’OCDE, ou un coût de la vie très élevé.

La sécurité ? Pour la sociologue Tamar Hermann, de l’Institut pour la démocratie, « du point de vue sécuritaire, Israël va bien mieux que beaucoup d’autres. Quant au conflit avec les Palestiniens, il joue en sa faveur. Pour une grande majorité du public israélien, Netanyahou le conduit très bien. D’autant plus que, au contraire de la droite radicale qui agit de telle façon que cela provoque des condamnations internationales, le Premier ministre fait les choses lentement mais sûrement. Ajoutez à cela l’absence de véritable initiative à l’encontre d’Israël de la part de la communauté internationale. Il y a bien des critiques de-ci de-là, mais rien qui porte atteinte à l’économie ou aux Israéliens qui voyagent à l’étranger… » En fait, la seule véritable ombre au tableau, ce sont les « affaires ». Cinq enquêtes qui concernent Netanyahou, dont la gestion par son épouse Sarah de la résidence du Premier ministre à Jérusalem. Et surtout les cadeaux luxueux offerts par des milliardaires à la famille. Aux dernières nouvelles, le chef du gouvernement pourrait être mis en examen pour corruption, sinon pour forfaiture. Une autre enquête porte sur une possible entente illégale avec le patron du quotidien Yediot Aharonot. Enfin, la police poursuit ses investigations sur deux autres affaires de corruption. L’une au sein de la société de télécoms Bezeq et la seconde dans l’achat de sous-marins à l’Allemagne. Pour l’heure, l’intéressé s’en tient à son credo : « Il n’y aura rien, parce qu’il n’y a rien ! »

En cas d’élections anticipées, 36 % des personnes interrogées le préfèrent à son principal rival de centre droit, Yaïr Lapid, qui ne recueille que 12 % des intentions de vote. Quant au patron du Parti travailliste, Avi Gabbaï, il n’arrive qu’à 8 %. Deux formations auraient même à peine de quoi être représentées à la Knesset. Comme le parti d’Avigdor Lieberman, l’actuel ministre de la Défense, et Shas, le mouvement ultra- orthodoxe oriental. Ceci expliquant cela : personne, au sein de sa coalition, ne veut ruer dans les brancards. Le 14 mai, Bibi sera de nouveau à la fête, grâce à ce qu’il a obtenu de son ami Trump : le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.

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