La saison des annonces trimestrielles se termine

Jeudi, Bouygues et Vivendi ont clos la saison. Les deux conglomérats étaient les derniers du Cac 40 à communiquer au marché leurs chiffres au 30 septembre (lire ci-contre). L’heure du bilan est donc arrivée, avec le biais habituel : lors des points trimestriels, toutes les sociétés ne publient pas leurs résultats complets. Certaines se contentent de commenter leur chiffre d’affaires. D’autres dévoilent quelques indicateurs supplémentaires, sans dérouler la présentation jusqu’au résultat net. Ainsi, moins de la moitié des groupes du Cac 40 font le choix de l’exhaustivité. Voici ce que, néanmoins, on peut en retenir.

DES TAUX DE CROISSANCE EN ACCÉLÉRATION
En moyenne, les chiffres d’affaires ont progressé de plus de 8 % par rapport au troisième trimestre 2017, contre + 5,6 % au premier semestre. Cet indicateur masque évidemment une forte disparité, mais notons que plus de la moitié du Cac 40 a renoué avec la croissance ou vu le rythme de hausse des ventes s’accélérer au cours des mois d’été. Les champions du trimestre s’appellent Safran (dopé par l’intégration de Zodiac Aerospace en plus d’une forte croissance interne), Unibail-Rodamco, également renforcé par Westfield, mais aussi Kering, qui peut toujours compter sur le dynamisme de sa marque Gucci, Total, soutenu par le rebond du pétrole, Accor ou encore Airbus.

DES DEVISES MOINS PÉNALISANTES
Les chiffres de la période couvrant les mois de juillet à septembre ont été moins entamés par les devises qu’au cours des deux trimestres précédents, ce qui explique en grande partie l’accélération de la croissance observée par rapport au premier semestre. Alors que l’euro s’était apprécié de près de 12 % en moyenne face au dollar au premier semestre 2018, sur un an, le dollar s’est renforcé de 1 % au troisième trimestre. Carrefour, Renault et Danone sont restés très pénalisés par le real brésilien, le peso argentin ou encore la livre turque. Mais, dans l’ensemble, l’impact défavorable des taux de change s’est considérablement affaibli. Relevons, par exemple, le cas de Michelin, dont les facturations avaient été mangées à hauteur de 6,6 % par la dépréciation des monnaies étrangères face à l’euro au premier semestre. Au troisième trimestre, l’effet s’est limité à – 1,6 %. Pour d’autres, la tendance s’est inversée ! L’effet devises est ainsi redevenu positif pour Air Liquide et Sanofi.

DAVANTAGE DE BONNES SURPRISES
Près de six sociétés du Cac 40 sur dix ont dépassé les attentes pour le troisième trimestre. Un chiffre plutôt élevé, et même supérieur à celui du premier semestre, qui se limitait à 53 %. Le pourcentage de déceptions est, quant à lui, stable, à 13 %. Les bonnes surprises sont notamment venues des secteurs du luxe et de l’aéronautique, mais aussi du secteur financier, BNP Paribas excepté.

L’impact des taux de change
L’impact des taux de change

PRUDENCE ACCRUE POUR L’AVENIR
Les performances du troisième trimestre sont donc bonnes, voire meilleures que prévu. Pour la suite, les choses sont moins évidentes. En témoignent les avertissements lancés par quatre groupes du Cac 40 : Michelin, Bouygues, Atos et Valeo, dont les causes sont plus ou moins profondes. Selon notre analyse, 73 % des dirigeants se montrent positifs pour l’avenir. Ce taux peut paraître élevé, mais il se compare à un niveau de 81 % au terme du premier semestre. Près d’un patron sur cinq se dit donc prudent désormais. Six sociétés ont revu à la hausse leurs ambitions, mais souvent à la marge.

En bourse, des réactions boursières très fortes
En bourse, des réactions boursières très fortes

DES CHUTES VERTIGINEUSES
Cet automne, dans un contexte boursier où la défiance était de mise, les déconvenues sur les résultats ou l’abaissement des objectifs ont provoqué de très fortes réactions. Bouygues avait alerté le marché dès le 18 octobre au soir sur les difficultés de sa branche Construction, entraînant une dégringolade de 12 % le lendemain, mais le groupe n’a annoncé ses résultats trimestriels que le 15 novembre (c’est pourquoi la baisse du titre ne figure pas dans le graphique ci-dessous). Hors Cac 40, les révisions d’objectifs d’Eutelsat Communications, Seb et Plastic Omnium ont aussi été lourdement sanctionnées.

Plus de la moitié du Cac 40 a enregistré une croissance de plus de 5% au troisième trimestre
Plus de la moitié du Cac 40 a enregistré une croissance de plus de 5% au troisième trimestre

AJUSTEMENT DES PRÉVISIONS
A l’issue de cette saison de publications, les analystes ont ajusté le tir. Leur estimation moyenne du bénéfice par action du Cac 40 en 2018 a ainsi été légèrement revue à la baisse, si bien qu’ils tablent désormais sur une progression de 8,6 % par rapport à 2017, tandis qu’ils attendaient une croissance de plus de 9 % fin septembre.

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