L'EXPÉRIENCE DE MILGRAM A-T-ELLE AUSSI ÉTÉ TRAFIQUÉE?

de rapprocher l’expérience réalisée par Stanley Milgram en 1962 à l’université Yale avec celle de Philip Zimbardo en 1971 à l’université Stanford. Marquées par la Seconde Guerre mondiale et le Vietnam, ces deux expériences incontournables de la psychologie sociale soulignent que n’importe qui peut commettre des actes perçus comme immoraux.

Milgram teste la soumission à l’autorité : jusqu’où un individu accepterait-il d’envoyer des chocs électriques croissants à la demande d’un expérimentateur ? À sa grande surprise, plus de 60 % des sujets déli-vrèrent le choc maximal de 450 V, pourtant présenté comme mortel. Publié en 1965, ce résultat est connu de Zimbardo, qui veut aller plus loin. Il met ainsi en place sa fausse prison pour interroger “la force de la situation”. L’expérience est arrêtée après six jours pour violence et dérapage des pseudo-surveillants sur les pseudo-prisonniers. Dans les deux cas, les critiques éthiques ont fusé…

Mais la ressemblance s’arrête là. De fait, si des reproches sont rapidement adressés à Milgram, ils ne remettent pas en cause l’expérience. Parfaitement décrite, elle a connu 18 variantes (selon le sexe, le cadre, le degré de surveillance…). Et fut répétée par d’autres équipes avec des conclusions similaires. Dans le cas de Zimbardo, le livre que nous présentions révèle la manipulation : “Tout ou presque a été trafiqué pour obtenir les résultats prévus à l’avance”, nous expliquait Thibault Le Texier, auteur de cette enquête.

Laisser un commentaire