Investir toujours plus dans l'art contemporain ?

Après les sommets obtenus en 2008, 2013 et 2014, suivis de périodes de restructuration, le marché de l’art contemporain semble avoir entamé une nou-velle période faste au cours des neuf derniers mois, prouvant que la nouvelle création est devenue la véritable locomotive du mar-ché, selon les analystes du site de référence Artprice. De leur point de vue, la puissance du marché de l’art contemporain reposerait en grande partie sur l’intensification rapide du nombre de transactions. Pour satisfaire une demande toujours croissante, les oeuvres circulent de plus en plus rapidement et de nouvelles pièces abreuvent continuellement le marché. Selon les chiffres dif-fusés début octobre, un rebond de +27 % de l’Indice des Prix de l’Art Contemporain d’Artprice, sur le premier semestre de 2018, per-met aujourd’hui à ce segment de rivaliser avec les marchés bour-siers sur le long terme.

Prix de l'Art Contemporain d'Artprice
Prix de l’Art Contemporain d’Artprice

Depuis janvier 2000, la valeur générale des oeuvres contemporaines aurait ainsi progressé de +88 %, contre +85 % pour l’indice boursier américain de référence S&P 500. Sur 18 ans, les deux indices affichent une prise de valeur comparable de +3,5 % par an, en moyenne. Mais, leurs courbes très différentes suggèrent que le marché de l’art contemporain est peu corrélé aux marchés financiers. En conclusion, la création contemporaine, est non seulement aussi performante que les actions américaines, mais autoriserait également des investissements diversifiés. Et chez nous ? Sur la période juillet 2017-juin 2018, l’Europe dans son ensemble enregistrait de belles performances dans le domaine, la Belgique demeurant l’un des marchés les plus dynamiques de la planète, le septième en termes de transaction en art contemporain (+27 %), même s’il subit la domination de Paris et de Londres sur le segment haut de gamme. A long terme, l’art contemporain serait, avec l’art d’après-guerre, la seule période de création véritablement performante dans son ensemble. Sa volatilité le rendrait, en effet, particulièrement propice aux investissements, avec une rentabilité annuelle moyenne de +8,1 %, selon Artprice. Ce qui n’est toutefois pas sans risque pour les collectionneurs, car nul n’est à l’abri d’une décote ou d’un revirement de mode. Cette prospérité, souligne Art-price, repose en partie sur l’immense valeur que créent les grandes galeries internationales. La plus importante foire d’art et d’antiqui-tés du monde, la TEFAF de Maastricht, a d’ailleurs bien saisi tout ce potentiel rémunérateur en faisant glisser sont offre, lentement mais sûrement, vers l’art moderne et contemporain (59 exposants en 2019, 20 % de plus sur deux ans), avec un turnover annoncé de près des deux tiers des participants de la section. Un impératif, alors que les autres périodes assistent à une dilution progressive des prix, les pièces majeures étant peu à peu écartées du marché au profit des collections muséales. Ce qui entraîne immanquablement une baisse globale et irréversible de la qualité disponible.

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