AVC : lés gestes qui sauvent

Le 29 octobre c’est la journée mondiale de l’AVC (accident vasculaire cérébral), première cause de handicap acquis chez l’adulte. Pourtant, 90% des AVC dépendent de facteurs évitables sur lesquels il est possible d’agir. En plus de la prévention, il reste les gestes médicaux qui permettent également de sauver des vies. Constat.

En France, une personne est hospitalisée toutes les quatre minutes pour un AVC. Dans 80% des cas, les patients souffrent d’un accident ischémique. Il s’agit alors d’une artère bouchée par un caillot de sang. Dans les autres cas, c’est la rupture d’un vaisseau sanguin qui provoque une hémorragie dans le cerveau. On parle alors d’un AVC hémorragique. Pour toutes ces victimes, une véritable course contre la montre commence. En effet, dans l’idéal, elles doivent être traitées dans les quatre heures. Au-delà, les risques de garder des séquelles neurologiques deviennent très importants. Si quasiment tout le monde sait qu’une douleur dans la poitrine qui irradie dans le bras est le signe d’un infarctus, beaucoup de Français méconnaissent encore les signaux d’alerte de l’AVC. Une prise en charge inégalitaire En plus d’un déficit d’information, des inégalités existent aussi dans la prise en charge de cette urgence médicale. La France compte actuellement 139 unités neuro-vasculaires (UNV) spécialisées dans le diagnostic et le traitement de ces accidents. Mais près de deux tiers des patients ne bénéficient pas d’un traitement en unité neuro-vasculaire, faute d’un nombre suffisant de structures, de leur mauvaise répartition sur le territoire français, du manque de neurologues et de places dans les hôpitaux. Actuellement, seuls 10% des victimes d’AVC se voient administrer une thrombolyse intraveineuse (traitement permettant de dissoudre un caillot sanguin quand il est administré moins de 4h 30 après les premiers symptômes) alors que 30% des patients pourraient en bénéficier. Sur les 130000 AVC recensés par an, près de 15000 pourraient être évités grâce à une prise en charge précoce. Depuis quelques années, une seconde technique a été mise au point: la thrombectomie mécanique. Il s’agit d’un geste de neuroradiologie interventionnelle qui consiste à extraire le caillot de façon mécanique avec un dispositif médical spécifique. Celle-ci est efficace quand l’occlusion touche certaines grosses artères cérébrales. En 2016, la Haute Autorité de santé (HAS) a évalué et reconnu l’efficacité de la thrombectomie mécanique lorsqu’elle était réalisée dans un délai de 6 heures après le début des symptômes, soit Pour réduire le risque d’AVC, le taux de cholestérol doit être maîtrisé. Veillez à le contrôler, au minimum tous les cinq ans, par une prise de sangly d’emblée en association avec la thrombolyse intraveineuse, soit en recours après échec d’un traitement par thrombolyse intraveineuse, ou seule en cas de contre-indication à la thrombolyse intraveineuse. « Cette technique apporte un bénéfice en matière d’autonomie et améliore la qualité de vie à terme», estime la HAS. En juillet 2018, la HAS a publié un second rapport formulant des préconisations pour permettre le déploiement rapide de cette technique sur l’ensemble du territoire.

Campagne d’informations nécessaire Parmi les préconisations : l’augmentation du nombre de professionnels de santé autorisés à réaliser cet acte, la création de nouveaux centres dédiés à la thrombectomie mécanique adossés aux UNV, l’information du grand public sur l’AVC et sa prise en charge. La HAS souligne l’importance de la rapidité de la prise en charge et de la nécessité de mettre en place des campagnes d’information vis-à-vis de tous, y compris et surtout du grand public, patients et usagers, en ne se limitant pas aux patients ayant des facteurs de risque vasculaire. En effet, selon une étude Odoxa publiée en octobre 2017, 35% des Français n’auraient pas la réaction appropriée en cas d’accident vasculaire cérébral. Pour eux-mêmes ou pour un proche, ils n’auraient pas le réflexe d’appeler le 15. Troubles de la marche, de l’équilibre, du langage, atteintes de la motricité, les séquelles affectent pourtant durablement le quotidien. L’AVC représente la première cause de handicap acquis chez l’adulte et la deuxième cause de démence.

ZOOM SUR LA THROMBOLYSE ET LA THROMBECTOMIE
La thrombolyse est réalisée en cas d’AVC ischémique (infarctus cérébral). Elle consiste à injecter un médicament puissant (altéplase) afin de dissoudre le caillot obstruant l’artère et ainsi restaurer la circulation sanguine. Ce traitement doit être administré dans les 4 h 30 après le début des premiers symptômes. La taille de l’infarctus s’accroît très vite au cours des premières heures. C’est pourquoi la thrombolyse est d’autant plus efficace qu’elle est réalisée le plus tôt possible après l’installation des signes cliniques. Toutefois, la décision ne peut être prise par le neurologue qu’après avoir éliminé l’hypothèse d’un AVC hémorragique grâce à l’imagerie. Tous les patients ne peuvent pas recevoir ce type de traitement en raison de nombreuses contre-indications (AVC hémorragique, intervention chirurgicale récente, AVC ischémique de moins de deux ans, troubles biologiques comme les troubles de la coagulation, HTA sévère…) Quant à la thrombectomie, elle consiste à retirer le caillot de sang à l’aide d’un cathéter (sonde) par voie fémorale pour atteindre l’artère obstruée puis à placer un microcathéter, plus fin, à travers le caillot que l’on va enlever. Elle peut être réalisée seule, lorsque La thrombolyse est contre-indiquée, ou, plus fréquemment, en association avec La thrombolyse. Ces deux traitements permettent de diminuer les séquelles et les récidives chez 15 à 20% des patients.

CONTRÔLER LES FACTEURS DE RISQUE
Face à ce constat alarmant, il est important de réduire le risque de survenue d’un AVC. En effet, 80% d’entre eux pourraient être évités en contrôlant mieux certains facteurs de risque.

CONTRÔLER LES FACTEURS DE RISQUE
CONTRÔLER LES FACTEURS DE RISQUE

1. Vérifiez votre pression artérielle L’hypertension artérielle représente le principal facteur de risque de l’AVC. Mais un Français sur deux ignore son hypertension. Alors, pour limiter le risque, il convient de vérifier sa tension artérielle une fois par an. Si elle est élevée, votre médecin traitant mettra en place un traitement approprié.

2. Surveillez votre alimentation Une meilleure hygiène alimentaire s’impose: cinq fruits et légumes par  jour, un apport suffisant en poisson, des repas variés, pas trop de graisses animales, etc. Privilégiez le fait maison et limitez votre consommation de produits industriels raffinés et de plats préparés. Attention également à votre consommation de sel.

3. Contrôlez votre cholestérol et votre glycémie Pour réduire le risque d’AVC, le taux de cholestérol doit être maîtrisé. Veillez à le contrôler, au minimum tous les cinq ans, par une prise de sang. De plus, la glycémie à jeun doit être vérifiée régulièrement afin de dépister un diabète et de le prendre en charge rapidement.

4. Minimisez vos sources de stress Adoptez certains réflexes pour vous  relaxer et lutter contre les moments de tension. Octroyez-vous un moment de détente (relaxation, méditation, lecture, etc.). Veillez également à respecter un temps de sommeil suffisant. La pratique d’une activité physique régulière aide aussi à préserver son coeur et à lutter contre le stress. En effet, la sédentarité augmente de manière significative le risque d’AVC.

5. Arrêtez de fumer La consommation de tabac multiplie par deux le risque d’AVC ischémique. L’arrêt du tabac est plus que recommandé. De plus, une consommation excessive d’alcool augmente également le risque (plus de 14 verres par semaine chez les femmes et 21 chez les hommes).

OÙ TROUVER DE L’INFORMATION POUR SE FAIRE AIDER?
Il existe de nombreuses ressources pour améliorer te quotidien des patients victimes d’AVC, les aider lors de leur retour à domicile et répondre à leurs préoccupations et à celles de leur entourage.

OÙ TROUVER DE L'INFORMATION POUR SE FAIRE AIDER?
OÙ TROUVER DE L’INFORMATION POUR SE FAIRE AIDER?

• France AVC Source très importante d’information sur les accidents vasculaires cérébraux, elle apporte aide et soutien aux patients et aux familles de patients. France AVC est composée d’une fédération nationale et d’antennes régionales. Pour trouver l’antenne dont vous dépendez, rendez-vous sur le site. www.franceavc.com

• Fédération nationale des aphasiques de France (FNAF) Elle rassemble des groupes  d’aphasiques et des aphasiques isolés. Ses buts ? Mieux faire connaître les différentes formes d’aphasie, soutenir les aphasiques dans leurs réadaptations familiales, sociales et professionnelles et dans leur rééducation du langage. www.aphasie.fr

• Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA) L’hypertension artérielle (HTA) est la première cause des accidents vasculaires cérébraux. Dans le cadre du plan d’action national AVC, il a été décidé de faire du contrôle tensionnel un axe prioritaire pour améliorer l’état sanitaire de la population. www.comitehta.org

• Association AVC de l’enfant Créée fin 2011, cette association
informe les familles, notamment sur les techniques de rééducation ou d’apprentissage existantes pour les enfants souffrant de lésions cérébrales. Elle bouillonne de projets dont celui de concevoir, éditer et diffuser un guide de l’AVC pédiatrique. www.avcenfant.fr

• Société française neuro-vasculaire (SFNV) Partenaire de la Journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral, elle sensibilise le grand public aux symptômes, à la surveillance et au traitement de cette pathologie. L’une de ses missions est de communiquer sur l’importance d’une prise en charge immédiate pour réduire le risque de séquelles. www.societe-francaise-neurovasculaire.fr .

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