réChauffement Climatique “Une peine de mort pour les pays africains”

sobrement intitulé Réchaufement climatique de 1,5 °C, le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) se présente pourtant comme un ultime signal d’alerte. Publiée à Séoul le 8 octobre, l’étude présente un scénario catastrophe pour la planète si le réchaufement climatique venait à dépasser ce chifre, et appelle à limiter la température à ce plafond d’ici à 2040. D’après elle, la production d’électricité issue des énergies fossiles doit cesser d’ici à 2050 si nous voulons respecter cette frontière.

Pour Nature, il s’agit d’“une tâche herculéenne impliquant des changements rapides et spectaculaires dans le mode de fonctionnement des gouvernements, des industries et des sociétés”. Si nous ne parvenons pas à limiter la hausse des températures à ce chifre, de nombreux efets néfastes sont à attendre, poursuit le magazine scientifque, citant notamment l’augmentation du niveau des mers, exposant des millions de personnes aux risques d’inondations, mais aussi l’acidifcation des océans, qui a un impact sur les courants et les ressources de poissons, ou encore les conséquences pour les productions agricoles autour du globe.

Les experts du Giec insistent particulièrement sur les conséquences néfastes pour le continent africain. “À moins que les gouvernements africains ne prennent des mesures drastiques contre le réchaufement climatique, des millions de personnes sur le continent risquent de sombrer dans la pauvreté et la faim”, met en garde l’ONG Oxfam International dans le quotidien nigérian The Guardian.

The Sierra Leone Telegraph, journal du pays ouest-africain, reprend la position d’Apollos Nwafor, directeur panafricain de l’ONG. “Les rendements du riz et du blé pourraient chuter de 25 % en raison du réchaufement climatique. Et à 1,5 °C, Lagos pourrait devenir une nouvelle ville en proie au stress thermique, comme Delhi en Inde.” Le cri d’alerte du responsable d’Oxfam inquiète également le site économique Business Ghana : “Le changement climatique a mis le feu à notre planète, des millions de personnes en ressentent déjà les efets. Le Giec vient seulement de montrer que la situation peut s’aggraver.” Le média d’afaires ghanéen précise qu’une augmentation de 2 °C constituerait “une peine de mort pour de nombreuses personnes à travers le continent”. “Le phénomène El Niño de 2016, qui a été renforcé par les efets du changement climatique, a mis à mal la production agricole pluviale, et placé plus de 40 millions d’Africains en situation d’insécurité alimentaire”, relève de son côté le site d’information marocain LesEco.ma. Les résultats de l’étude du Giec démontrent que le cauchemar écologique est déjà en route mais que ses efets peuvent encore être limités, à condition d’aller bien au-delà des engagements pris lors des accords de Paris à la COP21 pour éviter un monde réchaufé de 3 °C. Pour Apollos Nwafor, la catastrophe n’est pas inévitable : “Ce qui nous donne l’espoir, c’est que certains des pays les plus pauvres et les moins polluants mènent à présent la lutte contre le changement climatique. Nous sommes passés de l’ère du ‘Vous d’abord’ à celle du ‘Suivez-moi’. Il est temps que le monde riche agisse de la sorte”, rapporte Business Ghana.

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