Les lignes 17 et 18 du GPE réinterrogées

La question d’une députée (LREM) des Yvelines à Philippe Yvin, lors d’un séminaire réunissant, le 10 juillet, es députés fraîchement élus à la préfecture de région, interrogeant le président de la Société du Grand Paris sur la pertinence d’une ligne 18 conçue en viaduc, n’était pas anodine. L’après-midi du même jour, lors du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, plusieurs élus sont intervenus pour s’inquiéter carrément d’un risque de remise en question des lignes 17 et 18 du Grand Paris express. Soit celle qui devrait relier Saint-Denis Pleyel au Mesnil-Amelot en passant par Roissy et Le Bourget d’une part, et celle censée relier Orly à Versailles-Chantiers puis, à terme, Saint-Denis Pleyel d’autre part.

A n’en pas douter, le choix du Plateau de Saclay pour accueillir le Village global de l’Exposition universelle – si la candidature de la France est retenue – va plutôt dans le sens du maintien de la ligne 18. Mais ces deux lignes ont un point commun : des doutes se sont toujours exprimés quant à leur capacité à atteindre un équilibre d’exploitation. Autrement dit, certains affirment constamment que leur coût sera supérieur à ce qu’elles rapporteraient. Or le nouveau gouvernement le répète : cette fois c’est la bonne. Plus question de continuer à creuser le déficit public. Par conséquent, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, doit trouver 4,5 milliards d’euros d’économie dès cette année… On comprend mieux, dès lors, cet audit de chaque projet du Grand Paris annoncé par le préfet Cadot. Ou cette pause dans les projets d’infrastructure qu’Edouard Philippe et Elisabeth Borne ont évoquée chacun à leur tour. Si, comme le répète Philippe Yvin, le financement du Grand Paris express est assuré par une fiscalité dédiée et non par des crédits budgétaires, l’abandon de deux lignes du Grand Paris express contribuerait bel et bien à simplifier l’équation des prochaines lois de finances. De plus, la détermination réaffirmée par le nouveau gouvernement, à plusieurs reprises, de réaliser le CDG express renforce les arguments selon lesquels la juxtaposition, au nord, de cette ligne rapide aux lignes 17 et du RER B est excessive.

A propos de Saclay, les partisans d’un abandon de la ligne 18 évoquent, en outre, les progrès galopants de la voiture autonome, potentiellement réunie en convois, pour justifier la caducité de ce tronçon. « La France est malade de ses déficits », aimait à dire Philippe Seguin. L’heure des remèdes de cheval a peut-être sonné. Au grand dam de tous les porteurs de projets qui perdraient leur sens sans métro automatique. Et auxquels on répète, depuis des années, que le réseau du Grand Paris express est financé. Dans sa totalité.

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