À la maison de quartier de la Plaine Le projet social des Kiosques

Depuis près de deux ans, ce lieu de la rue Saint-Just a trouvé une nouvelle dynamique avec des rendez-vous autant festifs que sociaux, pour développer le lien avec les habitants et responsabiliser davantage le tissu associatif.

UNE BROCANTE, un spectacle de la compagnie Jolie Môme, Basta Ya, et pour couronner la journée un bal concert mêlant les genres et les générations. C’était le samedi 19 septembre, le dernier en date des «Kiosques des quatre saisons » que la maison de quartier de la Plaine renouvelle quatre fois par an. La formule, à laquelle prennent part des associations, était inaugurée en décembre 2007 par le nouveau directeur de la maison de quartier, Samir Ouiddir. Trois mois après sa prise de fonction, il donnait ainsi le signal du changement. Ancien directeur de la Fédération des oeuvres laïques de Nouvelle Calédonie, ce jeune quadra ne craint pas de bousculer les habitudes. D’autant qu’il n’est pas en terrain inconnu. De sa prime jeunesse, il se souvient notamment de la fête annuelle de quartier,«où étaient mis tous les moyens. Après, il n’y avait plus rien pendant un an ». D’où l’idée du kiosque, « initiative de petite taille ».« On y rencontre mieux les habitants. On ne se sent pas débordé. » Mais ce n’est que la partie la plus émergée du « projet social », auquel il travaille avec sa directrice adjointe Martine Dubail, et en impliquant
sa petite équipe, dont les agents d’accueil.

Établi à partir d’un « diagnostic social » auprès d’habitants de la
Plaine et des usagers de la maison de quartier, sur leurs attentes et besoins, le « projet social » est d’abord le document cadre à faire
valider tous les trois ans par la Caisse d’allocations familiales.
« Cela nous permet d’avoir l’agrément centre social et une subvention, qui est d’environ 60 000 euros, soit 20 % de notre budget », explique M. Ouiddir. Pour résumer la teneur de son projet, il cite la parentalité, la jeunesse, l’aide aux personnes en difficultés qui se rapportent aux missions attendues d’un centre social. Il est aussi question de convivialité et d’un « développement des dynamiques collectives » qui s’est concrétisé par une petite révolution. Les associations, dont la maison de quartier héberge les activités, « signent une convention qui définit leur rôle par rapport au projet : que donnent- elles en contrepartie de l’utilisation gratuite des locaux ?, explique Martine Dubail. On ne donne plus une clé comme ça ». Et alors qu’« avant elles ne travaillaient pas ensemble et ne se connaissaient même pas », elles sont à présent invitées à lier leurs activités.

« Nous avons des activités pour tout le monde » Cette implication requise dans « le projet collectif » s’est soldée par la disparition de deux ateliers, mosaïque et danse indienne. Par contre, des rapprochements ont eu lieu entre la couture et le flamenco de
l’association Flamenco art et mémoire. Laquelle, par exemple, s’est aussi attelée en juin à une fête dominicale, repas et bal, au théâtre de la Belle Étoile, pour un public mélangé, dont beaucoup de mamans kabyles. « Au départ, nous faisions tout, les associations n’avaient qu’à s’occuper de la musique. Maintenant, nous leur filons un coup de main. Cela créé une dynamique collective. » Et les deux responsables de la maison de quartier mettent la main à la pâte. « On nettoie la salle, on aide à faire à manger… On n’est pas seulement dans nos bureaux à signer des papiers. » Pour aller à la rencontre des nouveaux habitants du quartier, c’est plutôt hors les murs que se déroulent les moments festifs. «Nous avons un problème d’identité. C’est le “lieu pour les pauvres”. Or, nous avons des activités pour tout le monde. » Déjà, les cours d’instruments du centre musical « sont pleins. Le capoeira marche très fort. Et la prof de danse classique refuse du monde». Autre volet de leur projet, les partenariats. Citons, parmi d’autres, Objectif emploi, mais aussi l’Éducation nationale et l’association Canal pour un « café des parents »qui se tient une fois sur deux au collège Iqbal-Masih (1).

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