L’art public : les nouveaux modes d’expression artistique et le processus d’intégration en milieu urbain

Qu’on lui porte une attention ou non, l’art public contribue à façonner l’image de la ville. L’œuvre d’art public est généralement créée en établissant un lien avec le bâtiment, le site et l’espace qui l’accueille (Centre de conservation du Québec, 2013, [En ligne]). Dans cette optique, les oeuvres artistiques intégrées au paysage de la ville en font partie. Ces œuvres permettent aux citoyens de côtoyer au quotidien l’art sous toutes ses formes, mais sa présence est-elle remarquable ou notable (Centre de conservation du Québec)?

Il est sous-entendu que l’art public s’est défini par une œuvre permanente conçue par un artiste pour un lieu déterminé par une politique. En général, dans le cas de la commande, on assiste à une démarche similaire à celle des musées qui se résume à exposer des œuvres d’art. Cependant, sa présence dans l’espace public ne se résume pas qu’à exposer une œuvre permanente. On voit apparaître dans le développement des espaces publics montréalais de nouvelles formes d’expressions artistiques temporaires, événementielles et interactives et le discernement de l’art public devient donc complexe. Il se présente sous diverses formes pour parler de « l’art qui se développe dans et pour la ville » en employant plusieurs syntagmes comme « art urbain », « art public », ou encore « commande publique » (La Couédic, Popescu et Sattolo, 2008).

En décembre 2010, deux articles parus, dans le quotidien Le Devoir, dénonçaient le manque d’art public sur le territoire montréalais (Goulet et Bellavance, 2010). Dans plusieurs articles de journaux et des opinions populaires retrouvés sur certains blogues, on se demande si l’art public est suffisant en nombre, ou manque-t-il uniquement de visibilité? Les représentations artistiques ont-elles changé, ou encore passent-elles tout simplement inaperçues?

Sur le blogue du journal La Presse, on compare ce qui se fait à Montréal à ce qui s’est fait dernièrement à Chicago et on prend conscience que l’art public dans la métropole ne semble pas être mis à l’avant-plan. Ceci donne « une impression de vide culturel quand on compare avec Montréal ».1 On estime que malgré ses efforts, la ville n’a « rien de comparable à Chicago » et qu’« il y a peu d’art public dans les rues de Montréal ».

En effet, quand on pense à l’art public, on pense souvent à des œuvres d’envergures comme celles qui viennent d’être mentionnées, mais l’art public se présente de nos jours sous d’autres formes et par des regroupements d’artistes lors d’événements, d’exposition hors murs ou d’action spontanée. Des événements de courte durée comme Art souterrain présentés sur un circuit de 7 kilomètres au centre-ville ou bien Luminothérapie au Quartier des Spectacles de Montréal illustrent la diversification des modes d’expression artistique dans l’espace public.

Des œuvres présentées (Figures 3, 4, 5 et 6) lors de l’événement Art souterrain en 2013 nous démontrent à Montréal cette diversité actuelle des modes d’expression aménagés temporairement dans l’espace public.

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