ESSAI SUR LA MODE COMME PHÉNOMÈNE DE COMMUNICATION ET OBJET DE MÉDIATION

Ayant étudié précédemment en commercialisation de la mode, et ayant par la suite suivi les cours de la maîtrise en communication, nous en sommes donc venus à l’idée d’allier ces deux champs d’études et d’écrire ce mémoire sur la mode et la communication. En fait, ce qui nous intéressait était d’analyser la mode comme phénomène social faisant partie intégrante de la culture et comme une forme de celle-ci dans notre monde moderne.

À la lumière de plusieurs lectures sur les communications, de même que sur la
mode, il nous apparut possible que plusieurs concepts appartenant à l’étude des
communications puissent être utilisés pour l’étude du phénomène social de la mode. Nous pensions que la mise en relation de ces deux domaines (communication et mode) pourrait permettre de mieux comprendre le phénomène de la mode et la manière dont celle-ci se propage. Bref, penser la mode en termes communicationnels pourrait nous permettre d’en comprendre mieux le sens. Par contre, manquerait peut-être un autre élément pour approfondir notre compréhension… Selon nous, la mode ne se réduirait pas seulement à la
communication, elle serait davantage encore pour être véritablement objet de médiation sociale… Ainsi, voici la question de recherche à laquelle nous voulions répondre dans le mémoire: La mode, pour être bien comprise, ne doit-elle pas être perçue sous le double angle de la communication et de la médiation?

Pour répondre à cette question, une analyse critique conceptuelle a été développée
en utilisant certains concepts de l’étude des communications, que nous avons mis en lien avec la mode. Aussi, puisque cela revêtait un caractère exploratoire, l’essai a été la forme privilégiée pour ce mémoire.

En résumé, la première partie du mémoire nous a permis de mieux comprendre la
mode en l’analysant comme communication informationnelle, communication
symbolique et relation communicationnelle. Cela a en somme permis de mettre en
lumière toute la dimension communicationnelle de la mode.

La deuxième partie du mémoire nous a quant à elle permis de mieux comprendre
la mode en analysant l’appropriation de la mode par le sujet et la contrepartie: le sujet approprié par la mode. Cela a en somme permis de mettre en lumière toute la dimension « médiation » de la mode.

Nous pouvons donc terminer en disant que ce mémoire nous a permis de répondre à
notre question de recherche et de confirmer notre hypothèse. Effectivement, la mode, pour être bien comprise, ne doit pas seulement être abordée en tant que phénomène de

communication, mais également en tant qu’objet de médiation. Selon nous, ces deux
regards complémentaires sont essentiels pour comprendre le phénomène complexe de la mode. Chacun met en lumière une dimension différente et fondamentale de la mode…

Ah, la mode ! Depuis toujours, eUe a fait rêver les gens en stimulant leur imagination,
en titillant leurs sens et en émoussant leurs désirs… Adulée par certains qui y vénèrent son côté créatif: huée par d’autres qui n’y voient que sa superficialité et son côté éphémère, il n’en demeure pas moins que la mode est un phénomène psychosocial fondamental au sein d’une société…

Ayant étudié précédemment en commercialisation de la mode, et ayant par la suite
suivi les cours « Réseaux sociaux)} et « Approches symboliques de la communication)} dans le cadre de la maîtrise, nous en sommes donc venus à l’idée d’allier ces deux champs d’études et d’écrire ce mémoire sur la mode et la communication. En fuit, ce qui nous intéresse est d’analyser la mode comme phénomène social faisant partie intégrante de la culture et comme une forme de celle-ci dans notre monde moderne.

Aussi, il serait intéressant de se demander quel lien la mode entretient-elle avec la
modernité… À ce propos, voici une citation de Jean Baudrillard :

Il n’y a de mode que dans le cadre de la modernité. C’est-à-dire dans un schéma de
rupture, de progrès et d’innovation. Dans n’importe quel contexte culturel, l’ancien et
le « moderne)} alternent significativement. Mais il n’existe que pour nous, depuis les
Lumières et la Révolution industrieIle, une structure historique et polémique de
changement et de crise. Il semble donc que la Modernité mette en place
simultanément un temps linéaire, celui du progrès technique, de la production et de
l’histoire, et un temps cyclique, celui de la mode. Contradiction apparente, car en fait
la modernité n’est jamais rupture radicale. La tradition n’est pas davantage la
prééminence de l’ancien sur le nouveau – ceci est notre vision distordue par la
modernité. Elle ne connaît ni l’ancien ni le nouveau – c’est la modernité qui invente
les deux à la fois, du coup elle est toujours en même temps néo et rétro, moderne et
anachronique. Dialectique de la rupture, eUe devient très vite dynamique de
l’amalgame et du recyclage. (1976 : 9-10)

Que ce soit en politique, dans la technique, dans l’art, dans la culture, la modernité se définit par le taux de changement tolérable par le système sans que rien ne soit changé à

l’ordre essentiel. Ainsi la mode n’y contredit pas du tout: « elle énonce simultanément très clairement le mythe du changement, elle le donne à vivre comme valeur suprême dans les aspects les plus quotidiens, et la loi structurale du changement: c’est qu’il est fait du jeu des modèles et des oppositions distinctives, donc d’un ordre qui ne le cède en rien au code de la tradition ». (1976: 10) Car, en fait, c’est la logique binaire qui est l’essence de la modernité. C’est elle qui « impulse la différenciation infinie et les effets « dialectiques» de rupture. La modernité n’est pas la transmutation de toutes les valeurs, c’est la commutation de toutes les valeurs, c’est leur combinatoire et leur ambiguïté. La modernité est un code, et la mode est son emblème ». (ibid.)

Aussi, même si la mode n’a cessé d’envahir de nouvelles sphères et d’emporter dans
son orbite toutes les couches sociales, tous les groupes d’âges, pourtant, elle ne fait pas fureur dans le monde intellectuel. Elle imprègne toutefois régulièrement notre vie
quotidienne. Effectivement, dans notre monde moderne, tout est devenu une question de mode.

Si nous analysons le phénomène de la mode dans le contexte le plus large, nous
constatons qu’il est en réalité présent dans une multitude de domaines. Sortant de son champ traditionnel, le vêtement, il s’étend aux voitures, lunettes, büoux, remèdes, voyages, produits de maquillage, à la presse, à J’édition, aux chansons et à tous les arts, au mobilier et à l’architecture, à l’alimentation, au langage, etc.

Aujourd’hui, la mode n’est plus un luxe esthétique et extérieur à la vie collective,
«elle ne trouve plus son modèle principal dans les jeux du paraître vestimentaire, elle est devenue un procès général à l’œuvre dans le tout social qui commande la production et la consommation des objets, la publicité, la culture, les médias, les changements idéologiques et sociaux». (Lipovetsky, 1987: 15) Ainsi, celle-d est omniprésente: nous la voyons dans la rue où les jeunes s’en vêtent, dans les médias et la presse où les mannequins nous la présentent, au cinéma où elle est véhiculée par les stars, etc. Le vêtement est d’ailleurs liminaire pour le septième art.

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