Avec l'ouverture de son école, Marion Maréchal fait classe à part au sein de la droite

Les élèves doivent suivre dès ce samedi les premiers cours de ce tout nouvel établissement.
C’est ce samedi à Lyon que sont dispensés les premiers cours de l’ISSEP, l’Institut de sciences sociales économiques et politiques créé et dirigé par Marion Maréchal, qui ne veut plus être appelée Le Pen. Après son retrait de la vie politique en mai 2017 pour des raison « personnelles et politiques », cette dernière explique ce samedi sur BFMTV vouloir s’engager « dans la cité » d’une manière différente et de proposer une formation alternative en réponse « aux élites déconnectées acquise à certains poncifs. » Un enseignement visant à former une « nouvelle génération de dirigeants », et dont les cours sont empreints de conservatisme et de nationalisme, sans étiquette politique affirmée.

Hasard du calendrier, le lancement de l’établissement correspond avec la rentrée politique de sa tante Marine Le Pen, qui doit ce dimanche participer à un grand meeting du Rassemblement national à Fréjus, dans le Var. Un rendez-vous capital pour le parti d’extrême-droite, embourbé dans plusieurs affaires judiciaires et malade financièrement, à quelques mois des élections européennes, capitales pour le parti fondé par Jean-Marie Le Pen.

Elle dit ne pas vouloir concurrencer le RN
Mais Marion Maréchal l’assure, la rentrée de son école était prévue de longue date et n’a pas pour vocation de nuire au Rassemblement national. « L’idée n’est pas de faire concurrence au Front national, d’ailleurs l’école ne sera pas un sas du parti » a-t-elle tenu à préciser, utilisant l’ancien nom du parti. De son côté, si Marine Le Pen se montre parfois agacée à l’évocation de sa nièce, toujours très populaire, se garde bien d’en dire du mal.

Bien que libre de tout mandat politique, Marion Maréchal, par la création de l’ISSEP, place cependant ses pions pour les années à venir. « C’est un achat en viager de l’extrême-droite en cas d’échec aux prochaines élections », analyse Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l’extrême-droite interrogé par BFMTV. « Elle fait ce que faisait Jean-Marie Le Pen, un compromis nationaliste, où l’on s’entend avec tout le monde, de l’extrême-droite radicale à la droite. »

Ainsi, Marion Maréchal, de par le programme scolaire dispensé dans son école, tente de repositionner le discours de l’extrême-droite, tourné ces dernières années presque exclusivement vers l’immigration.

« Tout est politique avec Marion Maréchal. Il y a une idée de recomposition des droites où la question en serait plus identitaire mais économique, comme c’est le cas en Europe, plus conforme à l’époque » poursuit-il. Une idée dont la principale intéressée se défend fermement.

Ce samedi, Marion Maréchal a également expliqué que sa présence pour l’inauguration n’avait en rien un ton politique. « Je suis directrice générale, alors c’est normal d’accueillir les élèves et de leur donner les informations pratiques sur l’école, sur le déroulement de l’année, son fonctionnement… » Encore une fois, selon elle, cette présence n’est en rien politique.

En est-il de même pour les cours dispensés tout au long de cette année scolaire? Pour la directrice des lieux, les intervenants ne sont pas engagés et selon elle, il était important qu’ils n’aient pas de mandat politique. Pour Nicolas Lebourg, il y a « beaucoup de personnalités marquées, mais aussi des personnes intéressantes pour écrire un programme politique. »

A l’heure actuelle, les diplômes délivrés par l’ISSEP ne sont pas reconnus par l’Etat.

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